• QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série - numéro 31 – juin-juillet 2009

    Editorial : Forces de désordre

    Tout au long de la campagne pour les élections présidentielles de mai 2007, nous avons pu entendre le candidat Sarkozy marteler son slogan préféré : travailler plus pour gagner plus ! Deux ans plus tard, il y a de moins en moins de travail, et les salaires sont bloqués, tout comme les retraites. Le moral de la population est en berne, sauf celui des policiers.

    Seuls les policiers, en effet, paraissent satisfaits. Ils ne gagnent peut-être pas beaucoup plus, mais ils ont davantage de pouvoir chaque jour avec l’obligation de résultat qui leur est imposé -et de maigres primes à la clef- nos fonctionnaires d’autorité peuvent avoir le sentiment qu’ils sont devenus le meilleur bouclier de la République. Armés de cette certitude, ils peuvent réprimer sans état d’âme, comme dans les premiers jours d’avril, à Strasbourg, comme lorsqu’ils s’activent à évacuer les salariés d’une usine occupée. Il est possible de les voir fanfaronner avec leurs flash-ball et leurs pistolets électrique Taser, quand les gaz lacrymogènes peuvent s’avérer insuffisants. Plus pacifiquement, ils aiment faire des moulinets avec leurs matraques Tonfa, et même s’en servir habilement pour étrangler la victime du moment. Lorsqu’ils se contentent des jeux de mains, on les voit particulièrement doués pour passer les menottes -bien serrées- au premier venu, sans raison valable, mais qu’il convient de surveiller parce que “susceptible” de faire un mauvais coup. Avec leurs pieds, les bons policiers se sont initiés au jeu de la balayette, permettant de projeter au sol un quidam qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Avec la langue, nombre d’entre eux ont appris à pratiquer le jargon des truands, sans négliger les basses injures sexistes ou racistes. Reste la tête. Qu’est-ce que de bons policiers peuvent bien faire avec leur cerveau en bon état de fonctionnement ? Traquer des sans logis, sans rechigner, ou de pauvres vendeurs à la sauvette.

    En 1942, leurs anciens n’avaient jamais hésité à participer aux rafles des familles juives étrangères. En 2009, manquant de l’indispensable devoir de mémoire, ils ne sont pas davantage inquiets lorsqu’ils traquent ces familles immigrés criminalisées pour n’avoir pas de papiers, et qui avaient eu la naïveté de croire que la France était une terre de liberté.

    Dans quelques semaines, on rappellera le souvenir de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942. A cette occasion, des policiers, arborant fièrement leur fourragère rouge, feront partie du spectacle…
    Maurice Rajsfus


    Contrôle policier musclé

    Le 3I mars, Amnesty International publiait son rapport, soulignant l’impunité dont bénéficient certains policiers mis en cause pour leur violence. Ce même jour, à Saint-Germain-en-Laye (78), un cow-boy fait montre de son talent en maltraitant une mère de famille aisée, venue faire ses courses en voiture, mais ayant oublié ses papiers chez elle. Cette femme a beau dire que sa fille présente à ses côtés va aller chercher son permis de conduire, rien n’y fait. Le policier tient son délit, et en fait part à son collègue : “On tient le délit et le casier judiciaire !” Entre temps, cette femme, qui proteste contre les mauvaises manières policières, est immobilisée sur le capot de la voiture par une clef au bras énergique. Selon le policier, cette dame l’aurait traité de “connard !”, ce qu’elle nie (dans son activité professionnelle, elle est conseillère principale d’éducation). Menottée, elle est conduite au commissariat où elle est malmenée puisqu’elle se révolte, mais se réveille aux urgences, à l’hôpital de Poissy. Cette personne respectable, une fois de retour au commissariat est placée en cellule de garde à vue, après la fouille de rigueur. Elle attendra une douzaine d’heures avant de pouvoir se rendre aux toilettes. Elle sera relâchée le 1er avril, vers 17 H, lestée d’une convocation au tribunal de Versailles, et un oedème au bras droit. Le lendemain, elle portera plainte auprès de l’IGPN. (Source, Libération, 25 avril 2009)

    Les policiers détestent-ils les jeunes ?

    Le 28 avril, la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) publiait son rapport annuel, relatant les dérives et les bavures policières. Cette année, l’accent était plus particulièrement mis sur le comportement des fonctionnaires d’autorité envers les mineurs. La CNDS devait rappeler que le “climat répressif”, à l’honneur dans les unités de police ne devait “en aucun cas, faire perdre de vue aux forces de sécurité qu’un mineur, même délinquant, même dangereux, reste vulnérable”. Par ailleurs, si les autorités ne cessent d’affirmer que nos policiers ne sont pas racistes, il n’en reste pas moins, selon le rapport de la CNDS, que “les jeunes sont trop souvent stigmatisés, surtout s’ils n’ont pas la peau claire”. Dans une cinquantaine de cas, les manquements graves soulignés par la CNDS ne peuvent qu’inquiéter : ”interventions policières dans les établissements scolaires (un garçon de neuf ans conduit au commissariat), des violences illégitimes contre des adolescents, des fouilles à nu, sans raison, des menottages abusifs, sans oublier le comportement brutal envers les enfants de sans papiers menacés d’expulsion, etc… La CNDS insiste également sur les conditions insupportables de la garde à vue, et le fait que “ce sont les jeunes, interpellés le plus souvent pour des faits de faible gravité qui sont l’objet de violences”. Pour une fois, les syndicats de policiers n’ont pas réagi. (Sources, Libération 28 avril et Le Monde, 29 avril 2009)

    Comptine

    D’après une ronde enfantine jadis bien connue dans l’Est de la France mais également en Suisse romande :
    “Ah la trique
    Jolie trique
    Mon papa est policier
    Ma maman est en acier
    Mon pépé porte l’épée
    Ma mémé est mal léchée
    Fait comme le voisin
    Mange ton picotin.”
    Le jeu continue. Vous pouvez tous y participer. Y compris les policiers désirant s’y exercer…

    Humanisme policier

    I1 existe bien en France un délit de solidarité amoureuse, menaçant les couples franco-étrangers. C’est une retombée des lois Horteteux de 2007.
    “Cécile et Roger (Sénégalais) vivent en concubinage depuis trois ans. Le couple, alors qu’il se rend en visite chez des parents, est interpellé. Tous deux sont placés en garde-à-vue. Cécile est entièrement déshabillée. La policière qui la fouille lui demande de se mettre à quatre pattes, et de tousser. Ensuite, rhabillée, elle est menottée pour être interrogée par un officier de police. Elle est finalement libérée, mais fait l’objet d’un rappel à la loi pour avoir aidé Roger à se maintenir illégalement en France”. (Source, Libération, 27 avril 2009)

    La police rend sourd

    D’après un courrier significatif d’un lecteur de Siné-Hebdo : “Le 27 février, je me trouve dans une rue de Rennes, avec un grand nombre de jeunes, et nous chantons, certes un peu fort. Une patrouille de police arrive, et se montre d’emblée très provocatrice, nous tutoyant, et nous poussant violemment… Je me fais embarquer. Arrivé au commissariat, on me fait entrer dans une cellule et me déshabiller. Me voila en caleçon, avec trois représentants des forces de l’ordre qui ne cessent de me manquer de respect. Je demande, une fois de plus, à être vouvoyé, et je me prend une droite qui me met KO. Mon tympan vient d’être percé, ils me laissent à terre. Plus tard, un agent entre dans la cellule et me dit : “Regarde comment je vais te réveiller”, me prend et me relève par la gorge. Je me sens humilié, impuissant. J’apprends que je suis retenu pour “ivresse publique”, et demande à souffler dans le ballon. En vain. Au matin, je demande à porter plainte pour coups et blessures. On me fait attendre longuement, en multipliant les intimidations d’agents qui me suggèrent d’y renoncer, en me disant : “Vous savez, on fait un métier difficile”.
    De cette affaire, mon avocat m’a dit une chose qui m’a révolté : “Si après m’avoir frappé le policier avait vu que je saignais, il aurait déposé plainte pour outrage à agent et rébellion, pour se dédouaner”. (Source, Siné-Hebdo, 29 avril 2009)

    Lyon II, c’est la guerre !

    Comme de nombreuses université, Lyon II est resté bloqué durant plusieurs semaines. le 27 avril, le président ayant décidé d’en finir, les vigiles aspergeaient de gaz lacrymogène les étudiants réunis en AG. Dans la soirée, à la sortie, une souricière montée par les policiers orientait les étudiants vers une rue étroite, dressant aussitôt un barrage devant eux. La patronne d’un restaurant témoigne : “Quand les étudiants sont arrivés, un deuxième barrage s’est refermé derrière, juste devant mon resto. On a vu des policiers sortir des fourgons avec des chiens, des matraques et des bombes lacrymogènes. Ils ont foncé dans le tas. Moi, je ne suis pas pour les manifestations mais là, ils n’avaient rien fait. C’était révoltant à voir !” (Source, Libération 2 mai 2009)

    Bébé en rétention

    Le 29 avril, à Nîmes, un couple russo-azerbaïjanais, et leur bébé, âgé de quatre mois, était placé en centre de rétention. Comment ne pas noter que nos policiers républicains, chargés de cette mission, avaient répondu présents à l’appel. Le 30 avril, le juge des libertés avait pourtant considéré que le placement en rétention d’un bébé était “incompatible avec la Convention des droits de l’homme et la Convention des droits de l’enfant.” Il n’en reste pas moins que le procureur faisait immédiatement appel d’une décision de remise en liberté. (Source, Libération, 2 mai 2009)

    Toujours Tarnac !

    Le 28 avril, à Paris, un juge antiterroriste ordonnait le placement en garde-à-vue d’une jeune femme, membre d’un Comité de soutien au groupe des neuf de Tarnac. Sa garde-à-vue sera prolongée à deux reprises, en vertu des dispositions des lois antiterroristes. Le 1er mai, après 72 heures d’interrogatoire, la jeune femme ressortait libre des bureaux de la PJ. L’arrestation de cette photographe avait été réalisé à l’identique de l’opération de Tarnac, avec les méthodes de l’antiterrorisme. Le passager de la voiture raconte : “…La fenêtre est ouverte, et je vois un gros calibre s’approcher tout près de mon visage.” Sur son blog, il précise les ordres éructés par les policiers encagoulés : “Les mains sur le tableau de bord… On ne bouge plus… Sors de là… Les mains sur la voiture, etc…” Suivent palpations et menottage de la conductrice qui est aussitôt conduite dans le fourgon. Les bonne manières policières sont toujours aussi conviviales, avec ou sans raison. (Source, Libération, 2 mai 2009)

    BAC contre PAF

    Le 30 avril, à Pierrefitte (93), un policier qui n’était pas de service, se tuait à moto. L’homme, membre de la police aux frontières (PAF) venait de commettre plusieurs infractions au Code de la route et refusait d’obtempérer aux injonctions des policiers de la PAC qui le pourchassaient. Selon les premiers éléments de l’enquête conduite par l’IGS, le fuyard avait brûlé deux feux rouges, avant d’être percuté par un automobiliste. Pour les policiers de la BAC, rien ne pouvait laisser supposer qu’il s’agissait d’un “collègue”. Une hypothèse, selon laquelle le policier de la PAF sortait d’une soirée arrosée “avec d’autres collègues”, a été avancée mais il ne s’agirait que d’une “piste parmi d’autres.” Lesquelles ? (Source, 20 Minutes, 4 mai 2009)

    CRS contre mâtons

    Le 4 mai, les syndicats de gardiens de prison, privés du droit de grève, avaient décidé de bloquer l’entrée et la sortie de leur lieu de travail. Ce qui ne pouvait qu’enrayer la machine judiciaire. L’intervention des CRS devait être brutale. Sur tous les écrans de télévision, il était possible de voir, en gros plan, les CRS gazant à bout portant les gardiens qui manifestaient, devant la prison de Fleury-Mérogis, pour protester contre leurs conditions de travail. I1 en allait de même devant les établissements pénitentiaires de Gradignan, Lille, Perpignan, Marseille, Strasbourg, etc… (Source Canal +, France 2 et France 3, avec images très significatives, 4 mai 2009)

    Bandes et cagoules

    Le 4 mai, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, déposait sa proposition de loi visant à réprimer la « participation à une bande violente », et les violences avec port de la cagoule. L’infraction de participation à une bande serait passible de trois ans de prison et d’une amende de 45.000 euros. (Source, Métro, 5 mai 2009)

    Policier gros menteur

    Le 17 novembre 2007, vers 2 heures du matin, un cycliste qui roule lentement, mais à contre-sens, rue de Lappe, dans le IIè arrondissement de Paris, a le mauvais goût de demander un renseignement à un policier. Lequel lui inflige immédiatement une amende pour avoir emprunté un sens interdit. Le ton monte. Les insultes fusent, et le cycliste est placé en garde à vue. Libéra, il dépose une plainte pour « faux », « mensonges » et violences, contre le policier. Le plaignant était sûr de lui. Et pour cause : il avait pris soin d’enregistrer l’altercation à l’aide de son téléphone portable. Ce policier, qui avait relaté l’incident de façon mensongère a quand même été condamné à trois mois de prison avec sursis, et un mois d’interdiction d’exercer. Pour les magistrats, c’est « le manque de sang-froid » de l’un des policiers qui avait été au départ de l’enchaînement des faits. (Source, 20 Minutes, 6 mai 2009)

    Méthodes expéditives

    Dans la matinée du 5 mai, dans le 11è arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de policiers délogent de façon musclée les occupants d’un immeuble squatté depuis le 1er janvier. L’un d’eux témoigne : « J’étais en slip. Je n’ai même pas pu me laver. » Un autre, réalisateur de court-métrages, déplore : « Tout mon matériel vidéo a été saisi. Ils ne m’ont même pas laissé prendre une valise. » Une vingtaine de personnes avaient installé leur atelier d’art plastique dans ce lieu. (Source, 20 Minutes, 6 mai 2009)

    « Chauffeurs » de manifs…

    La provocation policière est une pratique aussi ancienne que l’institution elle-même. Parmi les exemples les plus connus, citons ce 14 juillet 1968, quand quelques policiers en civil entonnaient L’Internationale devant la fontaine Saint-Michel, à Paris ; un fourgon de police arrivant rapidement sur les lieux pour embarquer les choristes improvisés, mais pas les chefs de chœur qui s’étaient déjà éclipsés. Comment oublier la manifestation des sidérurgistes du 23 mars 1979, à Paris. Dans la soirée, sur les grands boulevards, des membres du service d’ordre de la CGT avaient mis la main sur un homme qui lançait des pierres sur les CRS. Il ne s’agissait pas d’un « casseur » mais bien d’un policier – la préfecture de police expliquant qu’il est « constant de mêler des policiers en civil aux manifestants pour appréhender les auteurs de délits. »
    Il semble que ces mauvaises manières soient toujours de saison. Ainsi, lors du défilé parisien du 1er mai dernier, une demie douzaine de crânes rasés, encapuchonnés, bardés d’autocollants « Casse-toi pov’con ! », invectivait les gendarmes mobiles sur la place de la Bastille, lieu de la dispersion. Les projectiles ne tardaient pas à voler et les gendarmes allaient embarquer tout le groupe pris dans la souricière, sauf la petite équipe de provocateurs, tous policiers. Une heure plus tôt ; ces « chauffeurs de manifs » avaient été photographiés, sortant duex par deux des fourgons de police stationnés non loin, sur le boulevard Richard-Lenoir. Ces faux manifestants faisaient partie d’une « compagnie de sécurisation », créée en 2005 par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. (D’après Le Canard Enchaîné, 6 mai 2009)

    Grande armada

    Le 5 mai, près de Montevrain (77), les policiers du commissariat local, assistés de 150 CRS, intervenaient entre 7 heures et 13 heures pour évacuer 200 caravanes de « gens du voyage ». Pour « impératif de sécurité publique devaient expliquer les autorités policières. Escortés par les forces de l’ordre, les nomades étaient dispersés au long de l’autoroute A 4. (Source, Le Parisien, 6 mai 2009)

    Petits menteurs

    Le 4 mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg devait constater la nullité des poursuites engagées à l’encontre de trois jeunes, interpellés la veille de la manifestation anti-Otan du 4 avril. Des policiers avaient affirmé que ces garçons étaient en possession de « substances incendiaires ». Certains policiers ne sont pas à un mensonge près pour étoffer leur tableau de chasse. Ceux-là seront-ils sanctionnés ? (D’après Libération, 6 mai 2009)

    Utilisation illégale du flash-ball

    Le 1er mai, à Neuilly-sur-Marne (93) un jeune Français prénommé Samir, âgé de 18 ans, était hospitalisé. Il venait d’être atteint à la tête par un tir policer de flash-ball. Il est pourtant rappelé que les policiers se doivent, selon les règles d’utilisation, de ne viser la tête en aucun cas. Pourtant, déjà, le 19 mars, lors d’une manifestation, à Toulouse, un étudiant de 25 ans, touché par un tir de flash-ball, avait perdu un œil.
    Que s’est-il passé ce 1er mai ? Au cours de la soirée, des jeunes jouent et courent dans la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne, et la police intervient. Le tir n’est pas contesté mais le tribunal de grande instance de Bobigny, qui avait ouvert une enquête, n’a pas jugé nécessaire de saisir l’IGS. Samir, qui souffre constamment d’étourdissements et de nausées depuis cet « incident », dit ne pas comprendre pourquoi il a été visé par un homme identifié comme un policier de la brigade canine de la BAC, circulant à bord d’un véhicule banalisé.
    Elève dans une école hôtelière, Samir s’écroule après avoir été touché, mais reste conscient. Il raconte la suite : « Ils m’on mis à plat vente, menotté et embarqué. Dans la voiture je leur ai demandé pourquoi ils m’avaient visé. Ils m’ont répondu que c’était de la légitime défense. » Dans la voiture, Samir est fouillé, puis menotté attaché à un banc. Comme il ne cesse de vomir, les policiers finissent par appeler les pompiers. La version des policiers est différente. Ils expliquent qu’ils ont appelé la BAC en renfort car ils étaient inquiets de voir autant de jeunes dans la rue. Dans leur rapport, ils évoquent un possible guet-apens, reconnaissant avoir utilisé des flash-ball et des grenades de désencerclement, avant d’affirmer avoir été « caillassés » par des pierres de « dix centimètres de diamètre ». Il n’en reste pas moins, selon les jeunes du quartier, que les jets de pierre n’ont eu lieu qu’après l’arrestation de Samir, et non avant. Le maire de Neuilly-sur-Marne craignait que la situation dégénère, comme à Clichy-sous-Bois, à l’automne 2005. Il y a juste eu quelques incendies de poubelles. (Source, Le Monde, 7 mai 2009)

    A la casse !

    En mars 2008, alors chef adjoint au commissariat de Coulommiers (77), un commandant de police était mis à la retraite d’office pour avoir critiqué son administration. Ce gradé avait appelé l’attention du ministère de l’Intérieur sur les dysfonctionnements du fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées). Le 5 mai 2009, le tribunal administratif de Melun suspendait cette décision, infligeant un camouflet à Michèle Alliot-Marie. Il s’agit de Philippe Pichon, auteur de Journal d’un flic. (Source, Le Monde et Libération, 7 mai 2009)

    Agents électoraux en casquette

    Il y a de bons citoyens, experts en bourrage d’urnes, lors des consultations électorales. A Carcassonne, durant les élections municipales du printemps 2008, quelques policiers ont participé à la modification des résultats, non pas en bourrant les urnes mais en trafiquant les procurations. Il se trouve que le maire sortant a été réélu avec seulement 56 voix d’avance, alors que ces braves policiers s’étaient appliqués à « bricoler » 76 procurations vierges. Ces procurations litigieuses avaient quitté le commissariat pour la permanence UMP où de bons militants les remplissaient, avant qu’elles soient validées par les policiers. Grâce à cette innocente manip’, le maire UMP de Carcassonne est toujours en place, au service de ses administrés. (D’après Le Canard Enchaîné, 6 mai 2009)

    Toujours le flash-ball

    Un tir de flash-ball, bien ajusté, pour un simple stationnement en double-file, c’est l’exploit d’un policier d’Argenteuil (95), le 15 avril. Ce tir, effectué de près, devait arriver en plein ventre d’un automobiliste qui avait redémarré pour éviter un contrôle de police. Ce dérapage policier n’a été connu que parce qu’il a été intégralement filmé par un témoin. Il est donc difficile de le nier et moins encore de l’expliquer. Le commissaire de police d’Argenteuil et le préfet du Val d’Oise n’ont pas souhaité s’exprimer. (Source, Canal +, avec images particulièrement significatives, 7 mai 2009)

    Banlieue frondeuse

    Le 9 mai, à Villiers-le-Bel (95), ville de la banlieue nord où la police s’est fréquemment illustrée, une trentaine de CRS ont été pris à partie par des dizaines de jeunes qui leur ont lancé des pierres et des bouteilles. D’autres policiers étant encerclés par une centaine de jeunes qui leur lançaient des pavés. (Source, Direct Matin, 11 mai 2009)

    Haine policière

    L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE), dans son rapport pour l’année 2008, dénonce, une fois de plus, « l’inhumanité » du traitement des sans papiers dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy. Dans ce rapport, l’accent est mis sur les violences policières, habituelles dans ce lieu de non-droit. (Source, Libération, 11 mai 2009)

    Encore Tarnac

    Retour sur l’interpellation de la photographe, membre d’un comité de soutien aux « Neuf de Tarnac », le 28 avril. La jeune femme, qui était à bord de sa voiture, raconte : « … Alors que je ralentissais, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe, tandis que deux autres me braquaient de face. J’ai cru à un carjacking (les policiers hurlaient) terroristes ! Terroristes ! » Menottée, elle est emmenée à son domicile où les policiers saisissent deux ordinateurs et des exemplaires du livre collectif, l’Insurrection qui vient. Retour à la voiture de la photographe, où les policiers, qui s’avèrent appartenir à la SDAT (police antiterroriste) saisissent également quelques centaines d’exemplaires de ce même ouvrage, dans le coffre, livre nullement interdit ! Commentaire de la supposée terroriste : « Ils ont dit, bingo ! Comme s’ils avaient découvert une cache d’armes. » Au bout de 48 heures, lorsqu’elle est présentée à un juge d’instruction pour prolonger sa garde à vue, celui-ci ne peut que lui dire : « Ce n’est pas ma faute, mais vous allez trinquer pour les autres. » (Source, Le Monde, 12 mai 2009)

    Rigolo…

    Le 12 mai, dans la soirée, le préfet de l’Essonne, et le député socialiste Manuel Vals, invitaient le bon peuple à une rencontre à l’hôtel de ville d’Evry, avec des représentants des forces de l’ordre. Ce rendez-vous était inscrit dans le cadre des forums : « Vos libertés, votre sécurité, parlons-en ensemble ! » Manifestations organisées par le ministère de l’Intérieur. (Source, Métro, 12 mai 2009)

    Mobilisation générale

    Le 12 mai, Nicolas Sarkozy était présent à Nancy pour s’adresser aux membres du corps hospitalier. Dans les rues avoisinantes du lieu de son intervention, les forces de l’ordre étaient nombreuses : un policer tous les cinq mètres. (Source, France 2, avec images très parlantes, 12 mai 2009)

    Bavure ordinaire

    Le 9 mai, des policiers intervenaient à la cité de la Cerisaie, à Villiers-le-Bel (voir plus haut). Les habitants de ce quartier sont la cible et les policiers tirent au flash-ball, à bout portant, au milieu d’un petit groupe réuni autour d’un barbecue, tout en lançant des grenades de gaz lacrymogène. Motif : une patrouille avait été agressée mais c’était dans une autre cité. Bilan : deux blessés graves, dont l’un a perdu un œil. L’IGPN, qui a été saisie par le parquet de Versailles, fait savoir que cinq policiers avaient été légèrement blessés. (Source, Métro, 13 mai 2009)

    Suicide

    Dans la nuit du 11 au 12 mai, un gendarme, en poste à Oloron Sainte-Marie (Pyrénées Atlantiques), s’est suicidé dans l’appartement qu’il occupait dans sa caserne. « Affaire strictement privée », a tenu à préciser la gendarmerie. (Source, Métro, 13 mai 2009)

    CRS contre Tamouls

    Depuis le 27 avril, des Tamouls, exilés en France, campaient dans un square de la place de la République, à Paris. Leur but: alerter l’opinion publique sur les massacres qui frappent les populations civiles tamoules, au Sri-Lanka. Dans la matinée du 13 mai, plusieurs équipes de CRS intervenaient brutalement pour déloger ces parias. (Source, 20 Minutes, 14 mai 2009)

    Inflation délinquante…

    La politique du chiffre joue un rôle éminent dans la politique sécuritaire du pouvoir sarkozyste. Avec pour chef d’orchestre l’incontournable Alain Bauer, président de l’Observatoire de la délinquance. (C’est ce même Alain Bauer qui préside le groupe fichiers au ministère de l’Intérieur) Comme il faut impressionner la France profonde et persuader les masses laborieuses de la nécessité d’une répression intensive, les chiffres publiés par l’Observatoire de la délinquance sont chaque année plus impressionnants. Ainsi, en 2008, 1,2 millions de personnes ont été mises en cause pour des crimes et délits, contre 960 000 en 2002. (Il convient de préciser que les fumeurs de shit et les sans-papiers, interpellés, permettent de gonfler les statistiques). Par ailleurs, le nombre de gardés à vue est passé de 426 671, en 2003, à 577816, en 2008, soit 35,42 % de hausse de mis en cause. Il est à noter, malgré tout, que les violences conjugales étant devenues un délit, en 2006, cela n’a pu que gonfler les statistiques policières. (D’après Libération, 14 mai 2009)

    Policiers pressés

    Paris, 14 mai. A l’angle de la rue de Rivoli et de la rue des Pyramides, vers 13 heures, un fourgon de police, dont les occupants n’étaient pas en intervention, rate son virage et percute un camion-nacelle à l’arrêt. L’ouvrier, présent sur la nacelle, est « sérieusement secoué », tandis que les six fonctionnaires qui se trouvaient à bord du fourgon, sont légèrement blessés. Immédiatement, la préfecture de police faisait savoir que le dépistage d’alcoolémie du conducteur s’était révélé négatif. Il est possible que l’excès de vitesse du véhicule de police puisse être expliqué par un impératif : que les pizzas arrivent chaudes au commissariat… (D’après Le Parisien, 15 mai 2009)

    PACS répressif

    Il semble que les policiers en tenue du syndicat Alliance veuillent se « rapprocher » des gendarmes pour la « mise en commun » des moyens de ces deux institutions. Pour ce syndicat, l’unification décrétée le 1er janvier 2009 ne suffit pas. Il faut formaliser ce rapprochement, pour plus d’efficacité, avec un commandement unique. (Source, Le Parisien, 15 mai 2009)

    STIC en stock

    Pas content le président de la CNIL, Alex Türk, pourtant élu UMP. Cet humaniste de répertoire s’inquiète car les procureurs n’assurent pas leurs obligations de sortir du STIC – Système de traitement des infractions constatées – (5 millions de mis en cause et 28 millions de victimes et témoins), les personnes dont l’affaire a fait l’objet d’un classement sans suite, d’un non-lieu ou d’une relaxe. (D’après Le Monde, 15 mai 2009)

    Tapage « diurne »…

    Le 27 février 2008, à Marseille, un enseignant de 47 ans, qui assiste à un contrôle musclé à son gré, dans le hall de la gare Saint-Charles, exprime son indignation, et crie à deux reprises : « Sarkozy, je te vois ! » Les policiers estiment que ce citoyen a, par ses cris, porté atteinte à la tranquillité publique, et lui dressent un PV. Surprise, début avril 2009, l’enseignant est cité à comparaître, le 18 mai, pour « tapage diurne injurieux », délit passible d’amende. Comme il était 18 heures, ce 27 février 2008, l’avocat de ce « trublion » ne s’interdit pas de demander une reconstitution in-situ, afin de mesurer le niveau de décibels dans une gare en pleine heure de pointe. (Source, 20 Minutes, 15 mai 2009)

    Ca se dégrade !

    Le 14 mai, la Commission « Citoyens, justice, police », qui regroupe la Ligue des droits de l’homme, le Syndicats des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, présentait son rapport annuel sur les liens entre police et population. Ce document pointe une « dégradation des rapports », tout en soulignant « la disproportion entre les moyens nécessaires pour réaliser une interpellation, et ceux qui sont réellement déployés, rendent ces opérations dangereuses et traumatisantes. » Réflexion intéressante à laquelle le ministère de l’Intérieur et les syndicats de policier pourraient utilement réfléchir. (D’après Métro, 15 mai 2009)

    N’oubliez pas

    Pour nous communiquer toutes informations utiles et coupures de presse relatives aux dérives et bavures policières, une seule adresse : Observatoire des libertés publiques, C/O NSP, 20 rue Courat, 75020 Paris.

    Petite chronique du flash-ball

    L’affaire est suffisamment préoccupante pour que le très légaliste Figaro s’en mêle. On s’est enfin aperçu que les blessures au visage provoquées par les lanceurs de balles en caoutchouc ne font que se multiplier. Il paraît que l’IGPN instruit plusieurs affaires de ce genre. Alors qu’il est interdit d’utiliser cette arme, dite non-létale, à tir tendu, et surtout pas en direction du visage, à moins de sept mètres, et en aucun cas à bout portant, il est évident qu’un certain nombre de cow-boys n’hésitent pas à se mettre hors-la-loi, en toute impunité. Ces derniers mois, les « incidents » de ce genre se sont multipliés : le 19 mars à Toulouse, le 30 mars à Ajaccio, le 1er mai à Neuilly-sur-Marne et le 9 mai à Villiers-le-Bel. Dans plusieurs cas, les victimes ont perdu un œil.
    L’engin mis en cause n’est autre que la dernière version du flash-ball, le « lanceur 40 », dernier cri de cette arme qui, théoriquement, peut blesser mais ne tue pas. Le ministère de l’Intérieur a tenu à donner cette précision : « On ne parle plus d’arme non-létale mais de moyen de force intermédiaire. » LE Lanceur 4-46, ou LBD (Lanceur de balles de défense) a été récemment commandé à 2 500 exemplaires par le ministère de l’Intérieur pour « équiper les services confrontés aux violences urbaines. » Avantage essentiel de ce nouveau modèle,, il peut lancer des projectiles à plus de 40 mètres au lieu de 15 mètres auparavant. Cela avec suffisamment de puissance pour mettre KO la cible visée. (D’après Le Figaro, 15 mai 2009)

    A poil, les gaziers !

    Après des semaines de grève et des coupures intempestives de gaz par certains salariés de GrDF (Société de distribution de GDF-Suez), sans volonté de négocier de la part de la direction, des agents de cette entreprise envahissaient les locaux, rue de Courcelles et rue de Vienne, à Paris, dans l’après-midi du 14 mai. La police ne tardait pas à intervenir, interpellant une centaine de manifestants et plaçant 74 d’entre eux en garde à vue, durant plusieurs heures, alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une assemblée générale. Certes, les salariés en colère avaient sans doute bousculé l’ordonnancement de quelques bureaux mais le comportement était sans commune mesure. Interviewé sur plusieurs chaînes de télévision, l’un des responsables syndicaux devait relater les conditions de leur garde-à-vue. Menottés, puis mis à nu, au commissariat, avec fouille au corps, comme pour des trafiquants de drogue. Belle performance policière ! (D’après Le Figaro et France 2, 15 mai 2009)

    Dans la marge, les SDF

    Au cours de l’après-midi du 15 mars, l’Association Don Quichotte avait installé une centaine de tentes sur le quai des Tuileries, à Paris. Vers 23 heures, les forces de l’ordre intervenaient et arrachaient les abris de fortune, confisquant même les duvets de certains sans logis. Force devait rester à la loi ! (Source, France Inter, 16 mai 2009)

    Qui veut la guerre civile ?

    Dans la nuit du 16 au 17 mai 2009, à La Courneuve (93), un fourgon de police a essuyé des coups de feu, suite à l’interpellation de trois « petits caïds ». Qui ne pourrait être inquiet ? Pourtant, certains ne cherchent qu’à attiser les braises qui couvent dans les banlieues. « Des armes de guerre ont été utilisées, n’ont cessé de marteler les médias. Les uns parlent de pistolet-mitrailleur, d’autres précisent qu’il s’agit d’une Kalachnikov, ou même d’une « arme lourde ». Qu’en est-il ? Une certitude : la colère des jeunes envers les forces de l’ordre ne cesse de monter. Cela fait au moins vingt ans que certains policiers sèment la haine dans les banlieues « sensibles ». La méthode n’a jamais varié : contrôles d’identité sur un même jeune plusieurs fois par jour, fouilles systématiques, injures, provocations, menaces. Ce qui ne peut que laisser des traces.
    Sur ce terreau, les policiers sont confortés par leur ancien ministre de l’Intérieur – devenu président – qui n’avait pas hésité à qualifier globalement les jeunes des cités de « racailles ». Plus particulièrement, à La Courneuve, c’était la volonté affirmée de passer un quartier au Kärcher. La situation actuelle, née aussi bien de la marginalisation, de la ghettoïsation, du chômage et trop souvent du racisme policier, est tout à fait préoccupante. Elle témoigne de la volonté des autorités policières de créer un climat d’insécurité permettant de donner de plus en plus de pouvoir aux compagnies de sécurisation chargées de pourchasser « l’ennemi intérieur ». Ce qui permet de faire diversion face aux vrais problèmes, en période de crise économique et sociale.
    Depuis le 17 mai, des renforts de police ont été envoyés à La Courneuve. Comme nous approchons des élections européennes du 7 juin, il y a, sous-jacente, la volonté évidente de faire peur à la France profonde. Sans doute pour inciter au bon choix au moment de glisser le bulletin dans l’urne… (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 18 mai 2009)

    Paranoïa Tarnac

    Le 18 mai, sept militants, désignés comme étant d’extrême-gauche, étaient interpellés au cours d’une double opération policière : trois à Rouen et quatre à Forcalquier. Tous sont soupçonnés d’être « proches » de Julien Coupat. Il est reproché à certains d’entre eux d’avoir distribué des tracts et diffusé des mails contestant la politique antiterroriste. (Source, Métro, 19 mai 2009)

    Convivialité policière

    Cela se passe à la police municipale de Cannes. Deux « municipaux » paisiblement homosexuels, ont porté plainte pour homophobie contre deux de leurs collègues. Ils dénoncent un « harcèlement moral » subi dès l’instant où leur homosexualité a été connue. L’un d’eux raconte : « Certains agents refusent de travailler avec moi, de me parler ou de serrer la main. » Avec cette intéressante précision : il avait trouvé un jour, sur son casier, cette inscription, « 100% tarlouze ! » Il paraît que l’IGPN, saisie, va mener une enquête… (Source, 20 Minutes, 19 mai 2009)

    Sarkozy, je te vois (suite)

    Le professeur qui avait crié « Sarkozy, je te vois ! », dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, lors d’un contrôle d’identité musclé, en février 2008, était jugé le 19 mai. La justice a requis contre lui une amende de 100 euros, pour « tapage diurne ». (Source, Libération, 20 mai 2009)

    Policiers blessés à Juvisy

    Les incidents entre jeunes des banlieues et policiers ne font que se multiplier. Le 17 mai, un garçon de 19 ans était arrêté à Juvisy (91), après des échauffourées opposant une vingtaine de jeunes à des policiers qui tentaient d’interpeller deux conducteurs de petites motos. L’un des deux policiers a eu le nez cassé, l’autre étant blessé à un œil. (Source, Métro, 20 mai 2009)

    Sécurité, quand tu nous tiens…

    Le 19 mai, à Floirac (Gironde), deux « individus », âgés de 6 et 10 ans, étaient interpellés à la sortie de l’école par une équipe de six policiers, avant d’être placés en garde à vue durant deux heures. Cette opération de basse police suivait la plainte d’une maman, après le vol de la bicyclette de son fils. Il y avait erreur sur les suspects, mais cet exploit policier montre les limites du tout sécuritaire. Face à la colère provoquée par cet exploit, le ministère de l’Intérieur aurait diligenté une enquête, tandis que le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre faisait également part de son indignation. De son côté, le directeur départemental de la sécurité, droit dans ses bottes, estimait que les policiers n’avaient fait que leur devoir. (Sources, France 2 et France Info, 21 et 22 mai 2009)

    La police à l’école

    Le 21 mai, intervenant devant les délégués de la PEEP (Fédération de parents d’élèves plutôt classée à droite), le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a annoncé son intention de faire fouiller les cartables à l’entrée des établissements scolaires. A cette fin, il suggérait de mettre en place une force d’agents mobiles dépendant de l’Education nationale. Les conseillers principaux d’éducation (CPE), et même les chefs d’établissements, pourraient se voir dotés du statut d’officier de police judicaire. Et pourquoi ne pas installer directement les salles de classe dans les commissariats de police ? (D’après France 2 et France Info, 21 et 22 mai 2009)

    Course-poursuite à Amiens : un mort

    Le 21 mai, à Amiens, des heurts violents ont opposé des jeunes à la police, suite à une course-poursuite entre le conducteur d’un deux-roues et des policiers municipaux. Bilan des opérations : un mort. D’où la violente réaction de jeunes. (Sources, Canal + et France Info, 22 mai 2009)

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  • ARRESTATION VIOLENTE DE CINQ COMPAÑEROS ADHÉRENTS DE L’AUTRE CAMPAGNE, DE CANDELARIA, CAMPECHE

    Ici une vidéo de Sara López Gonzalez qui explique les raisons de la résitance civile


    Vers cinq heures du matin ce 10 juillet, la compañera Sara López Gonzalez et les compañeros Joaquín Aguilar Méndez, Elmer Castellanos Contreras, Guadalupe Borja et Guadalupe Lizcano, adhérents de l’Autre Campagne et membres actifs du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria ont été arrêtés violemment.

    Des agents de police ont enfoncé les portes de leurs maisons, ont menacé et pointé leurs armes sur les membres de leurs familles et ont arrêtés les compañeros cités en les frappant. Jusqu’à présent, nous ne savons pas où ils se trouvent.

    À l’exception du compañero Elmer Castellanos, les compañeros Sara López, Joaquín Aguilar, Guadalupe Borja et Guadalupe Lizcano sont sous le coup d’une enquête judiciaire entamée à partir des plaintes déposées par la Commission fédérale d’électricité contre eux, en leur fabriquant plusieurs délits comme moyen de pression politique pour casser leur mouvement.

    À plusieurs occasions, les membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria ont demandé que le gouvernement de l’État du Campeche se prononce sur le fait que les délits imputés aux compañeros sont fabriqués et que l’affaire est clairement une affaire politique. Le gouvernement de l’État du Campeche s’est excusé en argumentant que comme autorité de l’État, ça ne le concernait pas et qu’il ne pouvait pas se mêler de problèmes qui relèvent de la compétence fédérale.

    Le 30 juin, les membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria ont publié un communiqué dans lequel ils informent que : « nos membres ont décidé en assemblée DE NE PERMETTRE L’INSTALLATION D’AUCUNE URNE le 5 juillet prochain, ni pour la journée électorale de l’État [du Campeche, ndt], ni pour l’élection fédérale ». Et cela, parce que « depuis le mois de novembre dernier, le représentant légal de la Commission fédérale d’électricité a déposé plusieurs plaintes contre certains compañeros et compañeras de La Résistance [civile pour le non paiement de l’électricité, note du cspcl], les accusant de délits comme la privation illégale de la liberté d’un fonctionnaire public, vol au patrimoine de la nation, entre autres, et avec l’unique objectif de les intimider et de criminaliser nos demandes justes. Toutes les communautés de la municipalité qui sommes en résistance leur disons que ce n’est pas seulement contre ces compañeros et compañeras qu’il a y une plainte, mais que nous sommes plus de 3 000 personnes concernées et que nous assumons comme nôtres ces accusations. »

    Face à une telle situation, le communiqué ajoutait : « nous avons mené, à différentes occasions des réunions avec les représentants de la CFE et du propre gouvernement de l’État pour rechercher une solution juridique aux accusations infondées déposées contre nous ; cependant, et malgré ces efforts, nous n’avons pas réussi à trouver un accord satisfaisant à cause de l’entêtement des représentants de la Commission fédérale d’électricité. Face à tout cela, les communautés, ejidos, rancherias, et quartiers qui intègrent la Résistance civile pour le non paiement ont décidé d’empêcher la réalisation des élections étatiques et fédérales dans tous les lieux où nous sommes présents, à moins que la représentation légale de la CFE RETIRE LES PLAINTES déposées contre nos compañeros et compañeras. »

    Suite à cette déclaration, le ministre de l’Intérieur de l’État du Campeche, Ricardo Medina Farfán, a pris contact le 4 juillet avec la compañera Sara López pour essayer de négocier cette décision et la compañera l’a informé que le mouvement n’avait ni chef, ni leader et que les décisions se prenaient en assemblée, ce pourquoi elle ne pouvait pas débattre avec lui de ces questions. Tout de suite après, le premier ministre a joint un des avocats du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria et par son intermédiaire il y a eu un accord avec le mouvement. Cet accord a été signé par l’avocat représentant le mouvement, par la compañera Sara López (le premier ministre a fait pression pour qu’elle signe aussi le document) et par le ministre de l’Intérieur de l’État du Campeche, Ricardo Medina Farfán.

    Dans cet accord, le gouvernement de l’État du Campeche s’est engagé à « organiser une réunion de travail qui aura lieu dans la semaine du 13 juillet de cette année avec la participation de représentants de la Commission fédérale d’électricité et en faisant en sorte que le délégué du bureau du Procureur général de la république de l’État du Campeche participe, ainsi qu’une représentation du gouvernement de l’État pilotée par le ministre de l’Intérieur lui-même. Dans cette réunion, plusieurs alternatives devaient être proposées pour que les enquêtes préliminaires entamées contre des membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria soient traitées avec attention, en privilégiant le dialogue pour aller vers une solution de la problématique exposée et réclamée par ses représentants. »

    Ainsi, les membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria se sont engagés à « ne réaliser aucune action qui pourrait affecter le processus normal de la journée électorale du dimanche 5 juillet de cette année ». Ce qui a été entièrement respecté de la part du mouvement.

    Nous précisons que la détention arbitraire de nos compañeros a eu lieu quelques jours après la signature de cet accord, ce qui compromet les agissements du gouvernement de l’État.

    Nous exigeons donc du gouvernement de l’État du Campeche qu’il dise où se trouvent Sara López González, Joaquín Aguilar Méndez, Elmer Castellanos Contreras, Guadalupe Borja et Guadalupe Lizcano, ce que nous ignorons. Et au cas où ils se trouvent dans une instance fédérale comme les locaux du Procureur général de la république, que le gouvernement du Campeche tienne sa parole de « suivre et impulser » le processus, collaborant dans la localisation et la libération des détenus.

    Tant que nous n’aurons pas de nouvelle des détails de l’opération illégale menée ce matin contre des membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria et qu’on ne saura pas si elle était du ressort fédéral ou étatique, nous rendons responsables le gouvernement de l’État du Campeche de tout dommage que pourraient souffrir Sara López González, Joaquín Aguilar Méndez, Elmer Castellanos Contreras, Guadalupe Borja et Guadalupe Lizcano ; en effet, durant l’opération pendant laquelle ils ont été pratiquement séquestrés, les membres de la police ont agi avec une grande violence, sans montrer de mandat d’arrêt et en violant les droits non seulement des détenus, mais aussi des membres de leurs familles qui ont été braqués et menacés.

    Nous appelons les compañeros de l’Autre Campagne à se prononcer contre la répression brutale dont souffrent nos compañeros du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique à Candelaria, Campeche.

    Avec la rage que produit la répression des luttes dignes,
    Movimiento de Cultura Popular, A.C. / Mouvement de culture populaire, A.C.
    Mérida, Yucatán, Mexique.

    Les cinq compañeros détenus à Candelaria, Campeche se déclarent en grève de la faim

    RAPPORT DES FAITS DE RÉPRESSION CONTRE DES MEMBRES DE « LA RÉSISTANCE » DE CANDELARIA, CAMPECHE, ET LES ACTIONS DE DÉFENSE.

    Le vendredi 10 juillet 2009, à 5 h 30 du matin dans la ville de Candelaria, Campeche, Sara López González, Joaquín Aguilar Méndez, Guadalupe Borjas Contreras, Elmer Castellano Velásquez et Guadalupe Lizcano Gómez, membres de la "Résistance civile pour le non paiement des tarifs élevés de l’énergie électrique” et adhérents de l’Autre Campagne, ont été arrêtés violemment et sans mandat d’arrêt.

    À l’exception des compañeros Elmer Castellanos et Guadalupe Lizcano, les compañeros Sara López, Joaquín Aguilar et Guadalupe Borja sont impliqués dans une enquête judiciaire issue des plaintes que la Commission fédérale d’électricité a déposé contre eux, en leur fabriquant plusieurs délits comme moyen de pression politique pour casser leur mouvement. Ils sont accusés de privation illégale de la liberté et de vol au patrimoine de la nation, qui sont considérés comme des délits graves qui ne permettent pas d’accéder à la liberté sous caution.

    Le responsable de cette transgression est le bureau du Procureur général de la république (PGR), qui, localement, dépend de Benjamín Marina Martín ; Eduardo Medina Mora le coordonne au niveau national, sous les ordres du président Felipe Calderón. Les agents de la corporation ont utilisé des pratiques injustifiables et aberrantes comme braquer leurs armes sur les familles des détenus, les intimider en leur criant dessus et en les insultant et forcer les femmes à se changer devant eux, violant leur intimité. Une autre irrégularité a été de ne pas indiquer où ils allaient les transporter, ce qui a provoqué de l’angoisse dans les familles et entre les compañeros par peur d’une disparition.

    Cette arrestation a lieu précisément quelques jours après que le gouvernement de l’État du Campeche, dans un contexte pré-électoral, s’était engagé par écrit, en signant, à promouvoir une table de discussion avec le délégué de la PGR du Campeche, avec des représentants de la CFE et avec des membres du Mouvement contre les tarifs élevés de l’énergie électrique pour privilégier la voie du dialogue pour suivre ce dossier.

    Face à cette situation, une réunion a été convoquée avec les membres de « La Résistance » à 9 heures du matin à la mairie, pour se mettre d’accord sur des actions à réaliser. À cette heure là, on ne savait pas où se trouvaient les compañeros, raison pour laquelle, dans la ville de Campeche, d’autres organisations adhérentes de l’Autre Campagne et des individus solidaires ont commencé à se mobiliser pour les retrouver. Vers 10 heures du matin, on a su qu’ils se trouvaient dans les locaux de la PRG et en milieu de journée, ils ont été transférés au Centre de réhabilitation sociale (CERESO [maison d’arrêt, ndt]), San Francisco Koben, qui se trouve à l’extérieur de la ville de Campeche.

    À partir de ce moment-là, ils ont été considérés comme des prisonniers politiques au vu du contexte. Le même jour, sans que ses représentants légaux, David Peña et Ramiro Barajas, tous les deux du District fédéral [Mexico, ndt] soient présents, on les a contraint à faire une déposition devant un juge fédéral, mais ils ont appliqué leur droit de réserve.

    Plus tard, la PGR a mis un place une opération de traque et de harcèlement contre les 35 communautés de Candelaria en résistance, intimidant les gens, surtout en leur disant qu’il existait d’autres mandats d’arrêt. Environ quinze à vingt personnes ont dû fuir leurs maisons et se cacher.

    Le 11, les représentants des 35 communautés de la municipalité de la Candelaria en résistance ont été convoqués pour informer des actions mises en place et afin de les inviter à s’organiser pour soutenir les compañeros privés de leur liberté, obtenant ainsi une réponse identique de l’appareil répressif, qui a intensifié le harcèlement, et a augmenté l’opération judiciaire (fourgons, hélicoptères). Malgré cela, un autobus a réussi à rejoindre la ville de Campeche avec le premier groupe de membres de « La Résistance », préparés pour les actions de pression et de soutien aux compañeros prisonniers ; ils ont été rejoint solidairement par des communautés de bases d’organisations de l’Autre Campagne.

    Ce même jour, à 23 heures, sont arrivés de la ville de Mexico à la ville de Campeche les avocats de Sara López et Joaquin Aguilar qui, en plus, acceptent de défendre les autres compañeros et de se coordonner avec l’avocat de Guadalupe Borjas, Daniel Pech, pour la défense.

    En arrivant, ils ont été reçus au Ministère de l’Intérieur de l’État du Campeche, où les fonctionnaires dirigés par Ricardo Medina Farfán ont dit qu’ils étaient désolés de la situation, que l’accord avait été violé par la fédération sous les ordres des hiérarchies supérieurs (Présidence et titulaire de la PGR), alors qu’eux étaient toujours disposés à privilégier le dialogue et d’accorder le soutien nécessaire pour garantir la sécurité des prisonniers.

    Plus tard, ils ont été au Tribunal fédéral du district pour régulariser leur situation comme représentants légaux et pour avoir accès aux dossiers. C’est là qu’ils ont su que le jour précédent, du fait de leur absence, un avocat d’office imposé aux compañeros a sollicité et prolongé la période d’instruction du juge jusqu’au jeudi 15 juillet [le 16 en réalité, note du cspcl] et non jusqu’au lundi 13, comme c’était prévu. Plus tard, ils se sont rendus à la prison pour rencontrer leurs clients.

    Le jour suivant, le 12 juillet, ils réussissent à avoir accès aux dossiers et aux plaintes contre les membre du mouvement contre les tarifs élevés, avec un total de 34 mandats d’arrêt (la liste ci-dessous), desquels 14 sont pour des délits graves et sans droit à caution, y compris les cinq prisonniers politiques actuels. Ces derniers se déclarent en grève de la faim à partir de ce moment-là, invitant d’autres compañeros à se joindre à cette décision pour faire pression et obtenir leur libération.

    Pendant ce temps-là, à Candelaria, une réunion a été convoquée dans la salle polyvalente de la localité avec les membres de « La Résistance », qui ont été harcelés pendant plusieurs minutes par le survol de fédéraux au-dessous du point de réunion. Malgré le harcèlement, il est accordé que des représentants des communautés en résistance se rendent toute la semaine à la capitale de l’État, en se coordonnant avec les organisations adhérentes de l’Autre Campagne de Campeche comme le Movimiento de Apoyo Popular Zapatista (Mouvement de soutien populaire zapatiste), la Juventud Comunista de México (Jeunesse communiste du Mexique) et le village de San Antonio Ebula, pour mettre en place des actions de pression et pour obtenir la libération des détenus.

    La première action qui va avoir lieu aujourd’hui, lundi 13 juillet à 9 heures, est un meeting face aux installations de la PGR à Campeche, pour dénoncer la violence avec laquelle ils ont agi contre les compañeros en rompant l’accord de négociation pacifique. Ensuite, le mardi 14, sera réalisé un meeting face aux installations de la Commission fédérale d’électricité pour les plaintes qu’ils refusent de retirer et contre les personnes d’Augusto Trejo et Leovigildo Dominguez, représentants de l’entreprise publique au Campeche et plaignants. Mercredi, il est prévu de retourner à la PGR et jeudi 16 est organisé un événement massif face au tribunal afin de faire pression pour une issue favorable aux prisonniers de la part du juge fédéral.

    En même temps, au niveau national, diverses organisations et mouvements sociaux manifesteront dans tout le pays en soutien aux compañeros de Candelaria, en commençant par le Réseau national de résistances civiles contre les tarifs élevés de l’énergie électrique, à laquelle appartient Candelaria, tout comme les mouvements qui se regroupent dans l’Alliance mexicaine pour l’autodétermination des peuples (AMAP). Les deux ont des représentants dans plusieurs États (Veracruz, Chiapas, Oaxaca, Guerrero, etc.) et dans tous les lieux où ils sont présents, ils se manifesteront face aux installations de la CFE et de la PGR tout au long de la semaine, culminant avec une action coordonnée au niveau national jeudi.

    Diverses organisations adhérentes de l’Autre Campagne et solidaires de « La Résistance » feront de même tout au long et au large du pays, espérant avoir des protestations dans tout le pays qui permettent de faire pression sur les autorités fédérales, car ce qui est en jeu va bien au-delà de la question juridique, elle-même violée, l’enjeu étant clairement politique.

    D’autre part, des organisations d’autres pays solidaires à la cause, manifestent devant les ambassades du Mexique dans leurs pays respectifs, réitérant l’unité de la classe exploitée internationale.

    Nous dénonçons publiquement les offensives de peur et d’intimidation envers les membres de la résistance civile, qui sont des évidences claires de la violation systématique des droits civils et humains, réalisées par un gouvernement oppresseur et fasciste qui recherche la soumission de la raison, de la volonté et de l’action.

    MAIS NOUS AVONS DÉCIDÉ DE DIRE YA BASTA ET D’ALLER JUSQU’AU BOUT

    Cordialement,
    Collectifs et groupes adhérents de l’Autre Campagne au Campeche
    35 communautés membres de la « Résistance civile pour le non paiement des tarifs élevés de l’énergie électrique » de Candelaria, Campeche, aussi adhérents de l’Autre Campagne.

    PS. Comme vous le savez, les mouvements d’en-bas, à gauche se maintiennent avec le salaire de travailleur exploité, ce pourquoi nous laissons ce numéro de compte pour ceux qui voudraient soutenir économiquement le mouvement pour mener cette lutte, car avec tant de jours de mobilisation, nous avons besoin de nourriture et d’eau :

    Compte BANAMEX : 5177120168204115 au nom de Sara López González.

    Liste des accusés :

    AVEC MANDAT D’ARRÊT POUR DÉLIT GRAVE :

    SARA LÓPEZ GONZALEZ, JOAQUIN AGUILAR MENDEZ, ANDRES AGUILAR LOPEZ, GUADALUPE BORJAS CONTRERAS, FILIBERTO REYES et/ou RIGOBERTO REYES AGUAYO, JOSE ALBERTO VILLAFUERTE GARCIA, VICTOR DIAZ ANDRADE, OCTAVIO SOLIS CORTES, ELMER CASTELLANOS VELAZQUEZ, GUADALUPE LIZACANO GOMEZ, MIGUEL FELIX ACOPA, SALATIEL CONCEPCION DE LA CRUZ, EMILIO GARCIA DE LA CRUZ, EDUARDO PEREZ OY

    AVEC MANDAT D’ARRÊT SANS DÉLIT GRAVE :

    MARIA DEL CARMEN DOMINGUEZ GUZMAN, TURI RAMIREZ DOMINGUES, NICOLAS ARCOZ GUSMAN, HUMBERTO ARCOS DIAZ, ABIGAIL CANAL LOPEZ, HECTOR ALEJOS JIMENEZ, DOMINGO ALVAREZ SILVANO, RICARDO UC CANAL, JOSE CAMBRANIS, LUIS DOMINGUEZ BAUTISTA, MIGUEL DOMINGUEZ MARTINEZ, JULIA BAEZA CRUZ, ROSARIO MUÑOZ MARIA ELENA, RODRIGO REYES AGUAYO, MANUEL AGUILAR COMPAN, MISS SALAS ROSAS, MANUEL RODRIGUEZ, JUANA PECH, LOURDES FELIX ALEJO, CRUZ HERNANDEZ "EL POCHITOQUE"

    Installation d’un campement pour nos prisonniers/ères politiques de Candelaria et SIX nouvelles personnes en grève de la faim

    Aujourd’hui, 14 juillet, nous avons installé à première heure un campement pour une durée indéterminée à l’extérieur du Tribunal fédéral du district dans la capitale de l’État du Campeche, en soutien à Sara Lopez, Joaquín Aguilar, Elmer Castellanos, Guadalupe Borjas et Guadalupe Lizcano, compañeros prisonniers politiques, membres de la Résistance civile pour le non paiement des tarifs élevés de l’énergie électrique de Candelaria et adhérents de l’Autre Campagne.

    Dans ce lieu, le jeudi 16 au matin, leur sera dictée leur accusation pour délits fabriqués de « privation illégale de la liberté », « obstruction d’un service public » et « vol aux ressources de la nation », qui, en plus, sont définis comme graves et sans droits à caution. Cela est une conséquence des plaintes déposées par la Commission fédérale d’électricité, criminalisant cette lutte sociale que nous menons depuis plus de trois ans pour un tarif juste de l’électricité.

    Face à cela, depuis dimanche 12, nos prisonniers se sont déclarés en grève de la faim à l’intérieur de la prison, et en solidarité avec eux, depuis tôt ce matin, ici dans le campement, cinq compañeros membres de « La Résistance » et un compañero militant de la Juventud Comunista de Mexico se sont déclarés en grève de la faim.

    Nous resterons ici et nous espérons être rejoints et soutenus par d’autres adhérents de l’Autre Campagne et de groupes solidaires au Campeche et dans tout le pays pour faire pression sur la décision du juge et obtenir la liberté de nos compañeros injustement détenus. Jusqu’à aujourd’hui, ont été réalisés des actions de protestation et nous avons reçu des marques de soutien de groupes solidaires et adhérents de l’Autre Campagne du Yucatán, du Chiapas, du Chihuahua, du Veracruz, du D.F., de Oaxaca, du Morelos, etc. ainsi qu’un appel du Centre de droits humains Fray Bartolomé qui était très préoccupé par la situation.

    Avec la digne rage / Con digna rabia :

    Collectifs et mouvements adhérents de l’Autre Campagne au Campeche :

    Résistance civile pour le non paiement des tarifs élevés de l’énergie électrique de Candelaria
    Habitants de San Antonio, Ebulá
    Mouvement de soutien populaire zapatiste
    Jeunesse communiste du Mexique au Campeche

    Traductions : Xochil Anga.

    Source 


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    Le doyen de la terre est mort samedi 18 juillet à 113 ans. En lisant l'article sur ce centenaire jovial et conservé grâce au « Whisky, aux femmes très libérées et aux cigarettes », je ne peux m'empêcher de penser à un autre homme mort récemment à 69 ans près de Paris. Et peut-être pas de mort naturelle, ni accidentelle.

     

    Le 9 juin, deux retraités auraient été roués de coups lors d'un contrôle de police dans la ville d'Argenteuil. Et l'un des deux retraités est mort. Les policiers ayant effectué dans ce contrôle officient toujours dans le même quartier. J'imagine un instant les amis et la famille du défunt croisant ces fonctionnaires de police sur le lieu même où un retraité, un jour de printemps, se serait fait tabasser à mort. Juste un fait divers balayé par le vent des dépêches AFP.

    Juste un retraité tombé en temps de paix

    Que s'est-il réellement passé ? Je ne connais pas les tenants et aboutissants de ce drame. En tout cas, un collectif s'est créé dans le quartier pour obtenir une enquête approfondie et la sanction des responsables de cette mort. Une bavure ou pas ? Affaire à suivre.

    Cet homme, ni doyen de la terre, ni réalisateur ou petit-fils de grand poète, ni chanteur ou footballeur, est passé à la trappe de l'histoire. Apparemment très peu d'écho dans la presse, où peut-être suis-je passé à côté des infos sur ce drame. Pourtant cette bavure -si elle s'avère en êre une- aussi importante que celles de Montreuil et ailleurs, n » a pas du tout suscité le même émoi ou ne serait-ce que des interrogations. Pourquoi ?

    Ce retraité, pas connu des médias (peut-être des services de police comme on entend souvent après des arrestations ? ) et pas jeune de cité -les jeunes font du bruit et attirent les caméras- va peut-être passer par pertes et profits des bavures qui se multiplient en France. Qui était-il ? Un type bien ? Un salaud ? Au fond, cet aspect là n'intéresse que ses proches et sa famille.

    Les gouvernants actuels rendent les flics intouchables

    Mais la manière dont son existence s'est achevée devrait intéresser tous les habitants de ce pays qui, à tout moment, peuvent subir un contrôle musclé. Surtout depuis que « l'outrage rébellion », arme non létale mais très efficace, peut-être dégainée à tout moment. Que peut donc faire un citoyen lambda face à un flic assermenté et buté ? Pas grand chose. Si ce n'est la fermer et espérer ne pas finir menotté et en garde à vue.

    Heureusement qu'une grande majorité des flics ne sont pas des adeptes de la bavure mais, à force de leur octroyer des droits de plus en plus importants et légitimer les violences policières, les gouvernants actuels les rendent intouchables et au dessus des lois qu'ils sont censés faire respecter. Combien de temps encore resteront-ils dans la légalité républicaine ? Peu à peu, pour faire plaisir à la place Bauveau, ils vont faire de l'excès de zèle et du chiffre ; tous les citoyens devront alors sortir casqués pour éviter un tir de flasball. Et personne ne viendra éructer en menaçant de karchériser les responsables de bavures…

    L'ancien ministre de l'Intérieur devenu président de la République va chaque année déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu sous l'Arc de triomphe. Qui se souviendra le 9 juin prochain de ce retraité ? Et Carla Bruni, conviée à chanter pour l'anniversaire de Nelson Mandela, ira-t-elle fredonner un jour à Argenteuil « quelqu'un m'a dit… qu'un retraité de 69 ans est peut-être mort roué de coups par des policiers à quelques stations de métro de ma nouvelle maison » ?

    Au fait, cet homme avait un nom : Ali Ziri. Et il ne sera jamais doyen de la république française.

    Par Par Mouloud Akkouche , écrivain

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  • -  Une vieille dame passait prés de la maison de la Chimie a Paris. il se tenait une reunion de l’extrème droite par l’ecrivain nationaliste Saint-loup. La vieille dame y était étrangère, mais un commando du betar l’a rouée de coups, tabassage, puis elle a été jeté mortellement contre la bordure du trottoir. Elle décèdera et il n’y aura pas de suite.

    -  Un jeune vendeur du journal ’l’idiot international" (de Jean Hedern Hallier") a été roué de coup par un commando du bétar dans le quartier des Halles à Paris. Il décèdera peu aprés. La encore aucune reaction, ni des politiques, ni des merdias.

    -  18 décembre 2000 : Saccage des locaux du M.R.A.P

    -  11 juin 2001 : Saccage des locaux de l’association Enfants de Palestine (Enfants de Palestine

    -  19 décembre 2001 : Agression de manifestants pro-palestiniens place de la Convention (Paris XVème) par une trentaine de membres du Betar. 10 blessés (cf. Libération du 21 décembre 2001)

    -  11 février 2002 : Agression par une demi-douzaine de jeunes du Betar, en marge d‘un conseil municipal, des proches de l’ancien maire (U.M.P) Olivier de Chazeaux 3 plaintes sont déposées pour « violence en réunion » (cf. Vigie- média -palestine)

    -  19 février 2002 : Agression des participants à une conférence pro-palestinienne à la Sorbonne (Paris Vème) par des membres du Betar. 1 blessé (21 jours d’I.T.T), 1 arrestation (cf. Communiqué du M.R.A.P)

    -  18 mars 2002 : Altercation entre des manifestants pro-palestiniens et des membres du Betar à l’occasion du gala annuel de l’A.B.S.I au palais des sports de Paris. Un photographe de Libération qui portait un keffieh autour du cou est agressé. (cf. Libération du 19 mars 2002)

    -  22 mars 2002 : Saccage de la librairie : Envie de Lire à Ivry (Val de Marne), qui abrite la section parisienne de l’Association des palestiniens de France. Plusieurs interpellations (cf. les O.G.R.E.S.com )

    -  26 mars 2002 : Remise du prix de la désinformation à l’A.F.P lors d’une manifestation d’une centaine de personnes à l’appel de la Ligue de Défense Juive devant le siège de l’A.F.P 1 passant pro-palestinien est giflé. (cf. observatoire du Communautarisme)

    -  2 avril 2002 : Affrontements entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens à l’aéroport d’Orly après les déclarations antisionistes de José Bové. (cf. Journal de 20h00 de TF1, France2 et le 6 minutes de M6)

    -  4 avril 2002 : Saccage des locaux de l’association Enfants de Palestine. (cf. www.enfantsdepalestine.org )

    -  7 avril 2002 : Violences en marge de la manifestation du C.R.I.F, Place de la Bastille (Paris IIIème), 2 journalistes et plusieurs photographes sont passés à tabac, des passants maghrébins sont agressés, des pro-palestiniens venus sur les lieux de la manifestation sont roués de coups, des manifestants de « Shalom Arshav » se font asperger de gaz incapacitant, et un commissaire de police est poignardé par un individu "non identifié" (sic). (cf. Libération du 9 avril 2002)

    -  10 avril 2002 : Insultes à l’encontre du candidat des Verts : Noël Mamère, alors qu’il passait dans le quartier du Marais. (cf. L’E.Novateur du 10 avril 2002)

    -  15 avril 2002 : Agression à coups de battes de base-ball de 4 étudiants qui tentaient de déchirer des affiches sionistes, par des membres du Tagar (_ cf. Est-il permis de critiquer Israël ? de Pascal Boniface)

    -  19 avril 2002 : Par crainte d’une descente du Betar, la préfecture ne donne pas son autorisation à un départ de manifestation pro-palestinienne de la Place des Fêtes (Paris XIXème). (cf. Hacktivist news service)

    -  22 avril 2002 : Saccage d’une exposition de photos à Paris (XIXème) (cf. L’Oursaint 2ème partie)

    -  14 mai 2002 : Affrontement entre des membres de la Ligue de Défense Juive et des jeunes maghrébins à la sortie du concert du LIBI. 2 blessés 1 arrestation

    -  2 octobre 2002 : Remise du prix de la désinformation à France 2 et Charles Enderlin par le collectif contre la désinformation regroupant plusieurs associations dont la Ligue de Défense Juive, au cours d’une manifestation d’environ 5000 personnes. (cf. Arrêt sur images du 6 octobre 2002)

    -  12 novembre 2002 : Agression à la faculté de Nanterre d’un administratif d’origine maghrébine confondu avec un membre de l’A.G.E.N (syndicat pro-palestinien d’ultra gauche). 1 blessé. 1 arrestation (cf. Paris Obs de Catherine Erhel du 29 janvier 2004)

    -  7 décembre 2002 : Saccage des locaux de radio Méditerranée (radio appartenant à l’islamiste Tawfik Mathlouti par ailleurs fondateur de Mecca-Cola) (cf. communiqué de l’association CAPJPO)

    -  8 janvier 2003 : Affrontements entre des membres du Betar et des militants syndicaux pro-palestiniens épaulés par de jeunes maghrébins, suite à la manifestation de l’U.E.J.F pour protester contre le boycott par l’université Jussieu d’un accord de coopération avec des universités Israéliennes. 3 hospitalisés, un traumatisme crânien. (cf. Oumma.com)

    -  2 mars 2003 : Manifestation de soutien à l’intervention Américaine en Irak, Place de la Concorde (Paris VIIIème), organisée par la Ligue de Défense Juive. 1 interpellation suite à une échauffourée avec les forces de l’ordre. (cf. Lundi Investigation reportage de Canal +)

    -  18 mars 2003 : Affrontements entre membres du Betar et de la Ligue de Défense Juive et des militants pro-palestiniens venus perturber un gala de soutien à Israël et agresser les spectateurs. 1 blessé , Des coups de feu sont tirés. (cf. Libération du 19 mars 2003)

    -  6 mai 2003 : Insultes et menaces de la part d’une dizaine de militants sionistes d’extrême-droite lors du rassemblement républicain organisé à l’Hôtel de Ville, contre une dizaine d’enfoulardées dont la présence relevait clairement de la provocation.

    -  30 septembre 2003 : Insultes et menaces contre des militants pro-palestiniens lors du procès du gestionnaire du site amisraëlhaï.org par des membres de la L.D .J (cf. Le Monde du 2 octobre 2003)

    -  7 octobre 2003 : Agression d’un militant pro-palestinien venu sur les lieux d’une manifestation pro-Israélienne devant le siège de la délégation palestinienne à Paris (XVème), par un membre du Betar . L’agression étant filmée, l’auteur des coups a été condamné à 4 mois de prison ferme par la 24ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris. (cf. www.communautarisme.net )

    -  30 décembre 2003 : Agression des membres du syndicat étudiant pro- Hamas : A.G.E.N, du campus de Nanterre, devant et dans la cour du tribunal administratif de Paris, rue de Fourcy (IVème). 1 arrestation et une condamnation à 8 mois de prison avec sursis, 4 blessés dont 1 très gravement (45 jours d’arrêt de travail). (cf. Paris Obs de Victoria Bataillie et Catherine Erhel, 29 janvier 2004)

    -  5 février 2004 : Incidents à Lyon lors du spectacle de Dieudonné. (6 blessés, 1 arrestation) (cf. Les O.G.R.E.S)

    -  24 mars 2004 : Contre manifestation d’une centaine de militants du Tagar, du F.E.J, et de la Ligue de Défense Juive armés de tyser, de couteaux, de manches de pioche, de shuriken, et de gaz lacrymogène faisant face à environ 1000 manifestants pro-palestiniens venus manifester sur l’esplanade des Invalides (Paris XVème) contre l’élimination de Cheikh Ahmed Yassine (porte parole du Hamas). 20 arrestations, 1 voiture saccagée. (cf. Actualité Juive de Jean-Yves Camus)

    -  16 mai 2004 : Agression contre Noël Mamère par un groupe de jeunes Juifs qui lui reproche ses positions pro-palestiniennes, lors de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme. (cf. France- Soir de Cécile Maillard du 17 mai 2004)

    -  22 juin 2004 : Manifestation du Betar-Tagar (Place du Châtelet, Paris Ier) pour dénoncer la relaxe systématique des prévenus poursuivis pour des propos anti-juifs. (cf. Actualité Juive de Jean-Yves Camus) (voir photos)

    -  10 septembre 2004 : Insultes et menaces à l’encontre de Fouad Alaoui (responsable de l’U.OI.F)par des militants de la L.D .J devant le siège du C.R.I.F (cf. Libération du 10 septembre 2004)

    -  28 septembre 2004 : Agression de personnes présentes lors d’une séance de dédicace de l’écrivain Alain Soral et saccage de la Librairie Au pays de Cocagne qui organisait la séance de dédicace. 7 personnes blessées (voir photo) (cf. _ Le Parisien de Renaud Saint- Cricq, le 29 septembre 2004)

    -  1 novembre 2004 : Manifestation anti-Arafat devant l’hôpital Percy à Clamart par une cinquantaine de personnes qui appartiendraient selon les policiers sur place à la L.D .J (cf. Reportage T.F.1 du 1 novembre 2004)

    -  12 janvier 2005 : Lors du concert organisé par l’association Migdal au Bataclan, des membres de la L.D .J passent à tabac 8 manifestants pro-palestiniens dont une jeune fille.

    -  20 février 2005 : Agression à 3 reprises de militants pro-palestiniens présents lors de la manifestation syndicale des fonctionnaires et enseignants. 2 blessés (cf. Novopress.info France)

    -  2 mars 2005 : Agression de Dieudonné lors de sa tournée en Martinique par 4 membres de la L.D .J. 4 arrestations (cf. Le Nouvel Observateur du 4 mars 2005)

    -  19 février 2006 : Lors d’une marche en la mémoire d’Ilan Halimi-torturé puis assassiné- la manifestation dégénère : des passants maghrébins sont passés à tabac, des journalistes sont molestés et une voiture est saccagée. (cf. Le Parisien du 20 février 2006)

    -  19 février 2006 : Une vingtaine de militants juifs extrêmistes tentent de pénétrer dans le théâtre de Dieudonné en enfonçant la porte à coups de pieds (cf. Libération du 20 février 2006)

    (La liste entre 2006 et 2008 n’a pas encore été établie... Ajoutez vos éléments en forum ou en com ... merci !)

    -  8 janvier 2009 : Lycée Janson de Sailly (Paris) : agression de 2 jeunes lycéens par 7 membres du groupuscule LDJ.

    -  24 mars 2009 : 4 membres présumé de la Ligue De Defense Juive commettent un attentat contre Thomas Werlet, fondateur de la Droite Socialiste, groupuscule national-socialiste.

    -  12 avril 2009 : Un groupe d’une quinzaine d’individus appartenant à la LDJ agresse des gens venu assistés à un spectacle pour les enfants de Gaza. Les membres du groupe, armés, sont rentrés dans la foule. http://schlomoh.blog.lemonde.fr/200...

    -  22 avril 2009 : agressions lors d’une soirée culturelle palestinienne http://www.ujfp.org/modules/news/ar...

    http://reflexes.samizdat.net/spip.p...

    -  24 Juin 2009 : Un groupe d’une quinzaine de membres de la LDJ entre en force dans la mairie de Vitry sur Seine afin d’en découdre avec le service d’ordre du parti communiste, le jour de la nomination "Citoyen d’honneur" de Marwan Barghouti. http://www.europalestine.com/spip.p...

    -  3 juillet 2009 : Dans l’après-midi, cinq hommes cagoulés et en joggings sombres armés de bâtons et se réclamant de la LDJ, saccagent la librairie Résistances, dans le 17ème arrondissement de Paris, cassent la caisse et les ordinateurs, jettent les livres à terre et les aspergent d’huile http://www.ujfp.org/modules/news/ar...


    Dans un communiqué publié lundi 5 juin 2006, le syndicat policier « Action Police CFTC » déclare qu’il "ne considère en aucune façon que la Ligue de défense juive (LDJ) ou le Bétar créent un trouble à l’ordre public. Au contraire, ces organisations dissuadent de nombreuses personnes ou groupes de personnes hostiles à la communauté juive de passer aux actes. Les mairies se dotent de polices municipales, les supermarchés de vigiles, les manifestations sont encadrées par un service d’ordre... Pourquoi la communauté juive n’aurait-elle pas le droit de se défendre ? (...) la LDJ et Bétar (...) accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens". Ainsi un syndicat de policiers prend-t-il la défense de milices communautaires privées, au mépris de la loi républicaine.

    VOIR : http://www.communautarisme.net/Le-s...

    Les Ogres 


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    IL NE FAUT LAISSER AUCUNE CHANCE AUX ARMES NON-LÉTALES

     

     

    Ci dessous le texte de l’appel que lance le père de Joaquim Gatti, qui a perdu son œil à Montreuil d’un tir de flash-ball. Pour l’interdiction de ces armes « à létalité atténuée » dont la police use et abuse depuis qu’elles sont en fonction.

    Signez cette pétition, incitez vos amis à signer et à la faire signer, faîtes la tourner.

    http://4653.lapetition.be/

     

     

    Je veux remercier tous ceux qui ont marqué leur solidarité, relayé l’information et permis qu’on parle de ces actes d’une violence inadmissible.

    Deux messages m’ont conforté dans la conviction qu’il fallait interdire les armes non-létales.

    Le premier message vient du père d’un lycéen nantais qui a perdu son oeil droit dans des circonstances analogues. Il a résumé le rapport du CNDS (commission nationale de déontologie de la sécurité). On y trouve le même scénario qu’à Montreuil :

    - le policier tire à bout portant sur une personne désarmée qui ne le menace pas.

    - les autorités publient des déclarations mensongères.

    « La CNDS qualifie la blessure du jeune lycéen d’une »extrême gravité (...) dont les séquelles prévisibles sont particulièrement invalidantes puisque M. P.D-L ne récupérera jamais sa vision de l’oeil droit. " « La CNDS » déplore « à ce propos une contre-vérité de monsieur le Directeur central de la Sécurité publique (à Paris), qui a nié par écrit la gravité de la blessure. La CNDS qualifie cette inexactitude officielle, publiée pourtant après la connaissance de deux certificats médicaux “notoirement” connus, d’“imprudente précipitation” et de “manque de suivi patent” » (à moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une erreur volontaire ?).

    « La CNDS a auditionné un fonctionnaire de police cagoulé et armé d’un lanceur de défense 40x46 (LBD, flashball de nouvelle génération), auteur présumé du tir, qui a réaffirmé avoir visé un manifestant lanceur de “pierres” en direction des forces de l’ordre sur demande de sa hiérarchie mais il ne l’aurait “pas reconnu” dans la personne du jeune lycéen blessé à l’œil, à qui il a été confronté. Par ailleurs la famille estime après examen que le site du rectorat ne comportait pas de pierres ou de pavés à jeter, mais seulement du sable ou des graviers. » « Ces constatations conduisent la Commission à s’interroger sur ta compatibilité de l’usage d’une telle arme dans le cadre d’une manifestation qui implique une proximité des manifestants et de la police et leur grande mobilité. »

    C’est toujours un choc de voir les actes brutaux trouver leur place dans le langage de la gestion administrative : évaluation de la riposte, défaut de proportionnalité, légitime défense dans l’usage de la force, absence de nécessité de la riposte, poursuites disciplinaires et peut-être même, blâme pour le policier.

    Que peut dire celui qui depuis trente quatre ans a eu la chance de se voir vieillir dans le regard bleu de son fils au boucher qui va entourer son acte barbare du langage fleuri de l’administration républicaine ?

    Dans ces moments là, la question de la police républicaine sort du chapeau. Dans notre généalogie familiale nous avons plusieurs fois croisé cette police : la police du patron qui fracassa la jambe du premier avant guerre, les GMR (Groupe mobile de réserve) qui arrêtèrent le second dans le maquis pour le livrer aux allemands, les CRS en 68 qui raflèrent le troisième dans les champs de blé de Flins, aujourd’hui les policiers (habillés en robocop) qui ont tiré au visage du dernier sur la place du marché de Montreuil. Quel que soit leur nom, ces polices ne sont que les versions différentes d’une milice du pouvoir. Ces policiers ont agi directement sur ordre préfectoral. La question reste : doit-on doter une telle milice d’un matériel conçu pour terroriser ceux qui auraient des vélléïtés de protestations ?

    Le deuxième message commente l’agression du marché par les forces de l’ordre. Montreuil est une petite ville. Des enquêtes auprès des habitants ont été menées par la coordination des intermittents du spectacle. Celui qui était en charge du décryptage a envoyé un mail où il conclut :

    C’est accablant, je suis en train de retranscrire mais il y en a pour une heure et demie d’enregistrement, En rapprochant les témoignages on en arrive à la conclusion que Joachim était en train de s’éloigner (témoignage concordant de 2 personnes dont une voisine), d’autre part tout le monde dit que Joachim est tombé avec la tête vers la rue de Paris, les pieds vers le bd de Chanzy, à l’opposé des flics, donc il était de dos par rapport au flic. Un flic en civil très calme le visait déjà (flic en position de tir tenue pendant 4 secondes selon deux témoins, un des témoins est un voisin), ce qui veut dire que le flic a attendu que Joachim tourne sa tête vers lui pour tirer à ce moment là.

    Si le policier n’a pas hésité à tirer provoquant cette défiguration, en revanche la réalité de la mutilation est sans cesse mise en doute.

    Doute jeté sur la réalité de la blessure alors que dès le premier soir, le 8 juillet l’interne de l’hôtel Dieu avait clairement indiqué qu’il s’agissait de la perte définitive d’un oeil. Doute repris sous différentes formes dans certains journaux. Doute relayé par vos propres amis qui vous demandent s’il n’y a vraiment pas une petite chance ( probablement par gentillesse) de sauver l’oeil. Ce doute devient vite insupportable parce que le diagnostic médical ne supportait aucun doute, parce que la violence du choc ne laissait aucune chance.

    Il ne faut laisser aucune chance aux armes non-létales.

    Avec les signataires, je voudrais juste vous demander l’interdiction totale d’utilisation des armes non-létales (flashball, ldb40, tazer) par les forces de l’ordre.

    Stéphane Gatti

    Paris s'éveille 

     


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