• Nouvel Obs, de Gauche ? Non ! Libéral, atlantiste, sioniste... pro-Sarko !

    Nouvel Observateur… tu peux arrêter ton abonnement.

    Il y a quelques années, tu t’étais abonné à ce newsweek (ouais ça fait plus classe à l’inglich), pensant que tu allais lire des trucs plutôt de gauche. Rapidement, tu avais bien eu quelques doutes quand tous les 6 mois, on te ressortait les marroniers sur le vrai prix de l’immobilier, le classement des écoles… enfin toutes ces conneries dont tu n’avais rien à battre.

    Mais bon de guerre lasse à tenter de résilier ton prélèvement automatique et au final, tu avais malgré tout un programme télé… un peu chèro, je vous l’accorde.

    Il y a un peu plus d’un an, tu avais eu de grosses bouffés de chaleur à ta gauche quand tu avais appris qu’un certain Olivennes reprenait le canard de tes parents. Outre une amitié poussée avec Carla Bruni Sarkozy, tu doutais sur ce gugus qui avait pondu un texte sur l’Internet visant à foutre tes enfants en prison (à défaut de leur couper la main) pour avoir télécharger un album de Michael Jackson.

    Et cette semaine après
    15 pages sur les Sarkozy… tu as franchi le pas… tu as appelé la pauvre standardiste (tel : 01.40.26.86.13 c’est le bon numéro du service abonnement)… pour lui dire que désormais Olivennes pouvait aller se faire foutre avec son torchon sarkoziste…


    Ce moment fut d’ailleurs plus facile que tu ne le pensais… déjà tu ne lisais plus ce canard aux idées fripées et tu plains juste ses
    journalistes sincères… un « capitaine » d’industrie est à sa tête, tu n’en attendais rien d’autre, et jusqu’à présent tu avas retardé ce geste… par habitude du néant…

    Si d’aventure Sarkozy était encore président en 2012… tu aimerais juste pouvoir cracher sur la tombe d’Olivennes.

    Et si pour lui l’Internet est le tout à l’égout de la démocratie… lui n’est qu’un bac à chiotte du sarkozysme… ah oui, il attend les subsides de l’Etat suite aux Etats Généraux de la Presse Sarkozienne.

    Rassure toi, il y a FAKIR 

    Source: Etoile Rouge


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    UN COMMANDO DE LA LDJ SACCAGE LA LIBRAIRIE RÉSISTANCES

    Un commando d'une demi-douzaine d'individus, la plupart masqués, déclarant
    ouvertement appartenir à la Ligue de défense juive (LDJ) ont attaqué
    vendredi 3 juillet en début d'après-midi la Librairie Résistances (4 Villa
    Compoint, 75017 Paris).

    Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux ou
    trois clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec
    frénésie à l'établissement, arrosant d'huile plusieurs milliers de livres et
    détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d'une
    automobile.

    L'attaque de vendredi est intervenue au lendemain d'une conférence, donnée à
    la librairie par Mahmoud Suleiman, du village palestinien d'Al-Masara, sur
    le thème des actions de résistance non violente à l'occupation israélienne.

    La librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la
    Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises
    par les fascistes sionistes.

    (Communiqué de la Librairie Résistances)


    RASSEMBLEMENT DEVANT LA LIBRAIRIE RÉSISTANCES MERCREDI 8 JUILLET À PARTIR DE
    18H30


    Un grand merci à tous les amis, les voisins, qui sont venus témoigner leur
    soutien à la librairie Résistances ce vendredi après l'agression de la LDJ.
    Grâce à leur aide, la librairie pourra ouvrir ses portes au public demain,
    même si un grand nombre de livres détériorés ont dû être retirés des
    étagères, et si des ordinateurs et des meubles seront encore manquants.

    Merci aussi à toutes celles et ceux qui nous ont adressé un message de
    soutien et qui ont exprimé leur indignation devant ces méthodes fascistes
    visant à baillonner la libre expression.


    Pas plus tard que la semaine dernière, avons-nous appris, une centaine d'
    entre eux attaquaient la mairie de Vitry, où le conseil municipal (majorité
    PCF) s'apprêtait à élire citoyen d'honneur de la ville Marwan Barghouti,
    député palestinien emprisonné par Israël.

    Les élus ont dû bloquer les portes du conseil municipal et de s'y enfermer
    jusqu'à ce que la police vienne déloger les fascistes de la LDJ, qui avaient
    pris d'assaut la mairie. Ceci en appui d'une provocation montée par le CRIF
    (Conseil "représentatif" des institutions juives), qui avait rameuté ses
    troupes pour manifester contre la municipalité de Vitry, avec des affiches
    osant proclamer "Aujourd'hui Barghouti, demain Fofana".

    Le président du CRIF Richard Prasquier en personne a participé à cette
    émeute, ... qui échoua lamentablement, puisque Marwan Barghouti a bel et
    bien été élu citoyen d'honneur de la ville de Vitry !

    Les médias n'en n'ont quasiment pas parlé, et le gouvernement encore moins.
    Il faut dire que lorsqu'on accueille des Lieberman-Netanyahou, on n'est
    forcément pas regardant sur les méthodes de nazis de la LDJ.

    Mais nous le sommes et nous exigeons la dissolution de cette organisation,
    qui a pignon sur rue en France, avec des locaux pour l'entraînement
    paramilitaires bien connus des autorités, et un site internet qui est une
    incitation permanente à l'agression physique de tous ceux qui se permettent
    de critiquer Israël et de défendre les droits du peuple palestinien.

    Soyons le plus nombreux possible au rassemblement pour empêcher de nouvelles
    agressions par la LDJ, ce mercredi 8 juillet, à partir de 18h30, devant la
    Librairie Résistances (4 Villa Compoint, à l'angle du 40 rue Guy Môquet.
    75017 Paris. M° Guy Môquet  ligne 13)



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  • La doctrine de la guerre révolutionnaire, spécialité française, ne subit-elle pas un regain d’actualité ? De l’ultragauche au sans-papiers, du chômeur à l’anti-hadopiste, du gréviste au schizophrène dangereux, les stigmatisations et dénonciations de groupes sociaux rappellent cette spécialité de la police et de l’armée françaises aussi appelée doctrine de la contresubversion.

     

    Un climat de terreur latente

     

    Si la doctrine de la guerre révolutionnaire est de retour, au moins à titre d’arme politique, cela signifie que l’ennemi intérieur, ou plutôt les ennemis intérieurs sont l’objet d’une seule et même campagne de création d’ennemis de la société [1]. Une campagne relayée et amplifiée par la caisse de résonance médiatique. Selon la doctrine de la guerre révolutionnaire, sur laquelle nous revenons plus bas, cette campagne aurait pour effet d’activer chez les groupes non stigmatisés un réflexe de non identification et de non solidarité avec les groupes stigmatisés, et, par suite, de recentrement autour du discours officiel. Des attaques multiples qui pourraient n’être qu’une tentative de terrorisation et d’orientation psychologique de la « majorité silencieuse », victime d’une manipulation destinée à servir des enjeux d’une domination politique.

     

    Le principe marche très bien à l’échelle d’une population : pourquoi dans le cas où l’on n’appartient à aucun des groupes stigmatisés se rapprocherait-on d’eux ou adopterait-on leurs idées, à moins de vouloir se confronter aux autorités, avec ses collègues bien-pensants ou avec… son boss ? C’est ainsi que certains salariés ont refusé l’étiquette de « rouges » et ne se sont pas déclarés grévistes lors des dernières manifestations nationales. Combien serait-on si chacun pouvait débrancher ce petit système de survie ? La suggestion marche de fait très bien, comme dans l’expérience de la goutte d’huile dans l’eau, au milieu du sel et du poivre – pour ceux qui ne connaissent pas l’expérience, l’huile sépare brutalement le sel et le poivre, qui s’en vont chacun sur un bord opposé de l’assiette. Chez les esprits bien pensants, le principe d’éloigner des groupes visés par la stigmatisation ou la répression, qu’elle soit policière ou médiatique, et, corrélativement, d’identification avec les groupes non visés, est une tendance inévitable.

     

    Dans l’hypothèse où la surenchère sécuritaire reposerait sur une stratégie de contresubversion, les attaques répétées contre les « virus » du système politico-économique actuel auraient pour but de diffuser un sentiment de terreur et, corrélativement, de passivité, au moment même où les attaques du système démocratiques se multiplient et où le citoyen ressent qu’il a perdu le pouvoir de faire entendre ses exigences [2]. Cette perte de pouvoir est précisément ce qui doit être maintenu le plus longtemps possible dans l’ombre en limitant la propagation de l’esprit de révolte, en orchestrant la désignation d’ennemis intérieurs et la stabilisation de l’opinion. Nous verrons que cette stabilisation sert, dans le même temps, à légitimer le déploiement d’une architecture du contrôle et des choix sécuritaires en vue de la répression de tous les contre-pouvoirs émergents, autrement dit le maintien d’une politique de classes.

     

    Retour sur une doctrine de guerre

     

    Au Festival des résistances et alternatives à Paris (FRAP), mi-mai, Mathieu Rigouste exposait à ses auditeurs ses recherches sur les techniques de la guerre révolutionnaire, à partir notamment des archives de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN). En tant que spécialité qui a valu aux Français une réputation mondiale, la doctrine de la guerre révolutionnaire tire son origine d’expériences de guerres, en Indochine puis en Algérie. Ces expériences, incluant torture, disparitions forcées, infiltrations, recensement, maillage de la population, dénonciations, visaient d’une part à maîtriser l’adversaire et d’autre part à obtenir la collaboration de la population non révolutionnaire. Ces expériences furent rassemblées dans plusieurs documents au retour de la guerre d’Indochine.

     

    La doctrine suppose que les « virus » subversifs – révolutionnaires, communistes, de libération nationale, etc. – mettent en danger la population d’une zone, ayant des effets nocifs sur son « unité » et pouvant aussi renverser l’opinion de la partie non atteinte de la population. Ces virus subversifs sont cachés au sein de la population, sans qu’on puisse séparer les citoyens inoffensifs des révolutionnaires. Ils sont logiquement organisés autour d’une OPA (organisation politico-administrative). La mission de l’armée et des services de renseignement est alors de lutter contre ces virus en identifiant et en poursuivant l’OPA dans la population globale. Pour y parvenir, il est nécessaire d’influencer celle-ci, en la persuadant de son intérêt à ne pas cacher les subversifs, à s’en éloigner, ainsi qu’à collaborer et à dénoncer les membres de l’OPA.

     

    Constituée entre 1953 et 1960, la doctrine a fait l’expertise des renseignements et de l’armée française à l’étranger, au point que d’autres pays sont venus se former en France à ce type de tactique urbaine. Elle a été interdite officiellement en France en 1961, mais cela n’a pas empêché Mai 1968 d’en être un nouveau terrain d’application. De plus, depuis les années 1970, quoique interdite, la doctrine a sans doute contribué à façonner la grille de lecture sécuritaire face aux poulations immigrées, vécues comme vecteur intérieur d’une menace globale – islamisme, terrorisme, immigration clandestine, violences urbaines… – et a entraîné la mise en place du nouvel ordre sécuritaire sur une base identitaire. C’est l’avis de Mathieu Rigouste [3], pour qui le modèle matriciel issu des guerres coloniales a imprégné la vision des politiques de sécurité intérieure et les premiers dispositifs sécuritaires.

     

    Au sein de l’IHEDN, qui n’est autre qu’un institut créé par Pétain pour former les cadres de la nation, Mathieu Rigouste indique que la doctrine a toujours eu ses défenseurs, qu’elle y reste discutée encore aujourd’hui et continue d’influencer une élite à la fois militiaire, politique et médiatique par ses principes simples et efficaces. Or cette élite de l’IHEDN, qui est pour un tiers composée de cadres de l’armée, pour un tiers de magistrats et pour un tiers de personnalités du privé – patrons de l’audiovisuel et de la presse, du complexe militaro-industriel… –, est-elle toujours chargée ou tentée de transmettre les représentations des subversifs et la manière de les reconnaître dans le corps social ? La doctrine peut-elle s’étendre à de nouveaux ennemis, de plus en plus imaginaires ? Et dans quel but, sachant qu’une telle stratégie se double toujours d’enjeux de domination totale ?

     

    Les « risques gris » et la multiplication des « ennemis intérieurs »

     

    A ces questions il est tentant de répondre par une autre : pourquoi un pays dont c’est la spécialité, qui a plusieurs fois affirmé sa supériorité dans ces techniques, y compris en 1968, et dont l’élite (militaire, médiatique, etc.) continue à être en contact avec les principes très simples de la contresubversion, bref, pourquoi l’ordre établi se priverait-il d’une telle arme ? L’on n’abandonne pas une arme qui marche, qui plus est dans un pays dont c’est devenu la spécialité en matière d’ordre social…

     

    Plus précisément, dans un rapport des RG de 2005, au moment où la police est confrontée aux émeutes urbaines dans les banlieues, les risques « sociaux » prennent le pas sur l’islamisme, qui formait jusqu’alors le principal ennemi potentiel. Il y a une inflexion dans la façon de considérer les facteurs de risques sociaux. Le rapport de RG généralise la cause des émeutes. Il s’agit d’un « risque gris » multiple, au sein des milieux populaires, par opposition aux milieux bourgeois. Tous les milieux populaires sont considérés comme des milieux à risques. A cette période, les discutants de l’IHEDN montrent qu’il ne semble pas y avoir de récupération gauchiste ni d’animation terroriste dans les émeutes et que ces mouvements sont avant tout « sociaux », autrement dit sans véritable OPA – l’organisation politico-administrative qui caractérisait le réseau subversif. Curieusement, après les émeutes, la police française a redoré son blason de spécialiste mondial dans les combats contre les risques intérieurs. Depuis, quoiqu’il ne s’agisse pas de rechercher la « tête » de réseaux de subversion – et peut-être à cause de ce côté flou des « risques sociaux » mal définis –, l’on voit sans cesse brandir des solutions de quadrillage technologico-sécuritaire du territoire, comme ces derniers jours autour des établissements scolaires.

     

    Cependant, il ne peut être question d’étendre ces instruments de contrôle à tous les espaces publics et parfois privés – cf. l’incitation faite aux commerçants de s’équiper de caméras de sécurité – sans créer ou orchestrer des événements qui le légitimeront. C’est là que le principe psychologique de la contresubversion pourrait s’avérer efficace, pour légitimer ces installations en s’appuyant sur la construction d’ennemis intérieurs désignés. Ainsi, la croissance du nombre d’interpellations, de violences policières, de garde à vue prolongées, ainsi que de stigmatisations de plus en plus multiformes de groupes sociaux présentés comme subversifs pourraient servir la logique de domination globale d’une classe dirigeante de moins en moins « soucieuse » des libertés. Cette logique globale, au-delà des intérêts que l’on pourrait qualifier d’économiques – de relance économique par l’innovation sécuritaire, puisque la recherche et l’équipement technologique sécuritaire se trouvent de fait largement stimulés – est surtout porteuse d’une intention de maintien de l’ordre. Intimider, voire terroriser l’opinion, et par là aussi et surtout : convaincre une majorité d’adhérer au renforcement de tous les contrôles et de maintenir en place un pouvoir qu’elle serait tentée de désavouer s’il n’y avait pas ces ennemis intérieurs.

     

    Dans les faits, les dispositifs sécuritaires conquièrent des espaces où ils n’auraient pas été tolérés un an plus tôt. Installations de caméras, fichiers de renseignements, portiques de détection des métaux, fouilles des élèves, descentes de police – vecteurs d’une « bonne insécurité » selon certains, après des descentes de prévention contre la drogue –, etc., gagnent tout le système éducatif. Dans la même logique antisubversive, il faut rappeler, fin 2008, un appel d’offres du ministère de l’Education pour la création de fichiers répertoriant les « leaders d’opinion » à l’université, analysant « leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ». Ce système en place depuis 2006, de l’aveu du ministère, et digne des méthodes de renseignement les plus contresubversives augure mal de la façon de considérer le milieu universitaire. Il faut dire que depuis la loi Devaquet, en 1986, et à la suite des mouvements anti-CPE en 2006, le gouvernement a fort à faire avec la lucidité d’un milieu retors aux manipulations (sans parler des prises de conscience de cette année). De fait aussi, les lieux de la criminalité désignés comme tels se multiplient, avec une focalisation particulière, ces jours-ci encore, sur le système éducatif, après le coup de poignard d’un collégien sur une prof de maths qui l’avait puni ou l’agression d’une CPE dans les couloirs d’un collège. Des faits dramatiques surexploités et où l’on se hâte de légitimer la réponse sécuritaire par l’exemple du grand frère américain. Las, l’intelligence statistico-comparative a ses limites lorsqu’on n’oublie tant d’autres paramètres et que l’on fait l’impasse sur le bilan d’un pays en proie à une crise totale… Mais certains continuent, comme le fait le gouvernement, à se servir de l’argument d’autorité du grand frère américain.

     

    Quant aux offensives médiatiques, la liste serait longue. Quelques-unes parmi les plus visibles : en janvier 2009, le JDD titrait à propos des grévistes de Saint-Lazare : « SUD, le nouvel ennemi public », au milieu d’une campagne médiatique générale analysée par Le Plan B dans son numéro de février-mars ; des colonnes entières sont consacrées aux sacages occasionnés en marge des manifestations – anti-OTAN, anti-G20, grèves nationales… –, dont certains sont visiblement entretenus par les services de sécurité ; quant au montage de l’« ultragauche » et de la « bande à Coupat », référence aux années 1920 dont personne ne connaît plus rien, il est l’emblème du refus de laisser émerger des alternatives critiques (aux modes de production-consommation actuels, etc.) et de voir étalés au grand jour les tabous de l’ordre établi. D’une manière générale, la presse a intérêt à relayer les attaques du gouvernement, à stabiliser l’opinion et à la maintenir éloignée des « subversifs », faisant le jeu de la contresubversion en relayant les effets d’intimidation [4].

     

    Il faudrait ajouter, parmi d’autres, la manipulation des chiffres sur la délinquance pour modifier les principes de la justice des mineurs, les attaques aux sans-papier pour justifier des chasses à l’homme terrorisantes, la culpabilisation des associations d’aide aux sans logement (le DAL face à la justice) ou aux sans-papiers, l’organisation de la délation, etc. Face à ce qui pourrait être des applications médiatiques du principe de contresubversion, on ne peut omettre de mentionner la grippe A, diagnostiquée comme une pandémie dès les premiers cas et elle aussi en bonne place pour maintenir l’angoisse d’une pandémie mortelle à son maximum, laisser planer la perspective d’une loi martiale prochaine – comme au Mexique début mai, où elle a favorisé des interpellations. Une situation visiblement prévue depuis mi-2007, date où un programme d’éducation récemment évoqué par le président de France Télévisions a été conçu avec l’aide de France 5, afin de poursuivre l’éducation des jeunes par des modules télévisés, dans l’hypothèse où serait pronconcée l’interdiction de sortir des chaumières.

     

    A la différence de la guerre révolutionnaire, la figure de ces ennemis est entachée d’un flou général quant à leurs revendications. Cela rappelle le « risque gris » mentionné plus haut, et l’absence d’OPA dans un certain nombre de cas. En revanche, dès qu’un simili d’OPA se présente, il devient une cible directe. Un risque gris émergeant qui plonge ses racines dans la remise en cause de l’ordre établi, la lutte contre un Etat mafieux ou, comme on pourrait le dire à l’ancienne : la lutte des classes… Et cela au sein des milieux populaires, mais pas seulement – Coupat dans l’interview qui précède sa remise en liberté a cette phrase : « Il y a de la plèbe dans toutes les classes » (citant Hegel)…

    C’est ainsi que sont visées toutes les voix discordantes qui ne servent pas la « planification » étatique en matière de développement industriel et social, les choix de l’innovation et de la croissance financière, toutes les voix discordantes qui luttent contre les choix sécuritaires et de contrôle, contre la régression du droit du travail et les choix de mise au pas du salariat par les grandes instances internationales, et enfin toutes les générations susceptibles d’apprendre et de repenser le monde autrement – d’où la focalisation sur les étudiants et la jeunesse. Tout cela doit être considéré comme des virus et il faut empêcher la collusion et le rapprochement du reste de la population avec eux, qui pense : « Plutôt ma sécurité que de moisir au poste 96 heures pour avoir barbouillé un panneau publicitaire »… (comme c’est arrivé récemment à des antipubs).

     

    Ces « virus » peuplent les journaux, les postes de police ou les prisons, soumis à des procédures d’interpellation, de garde à vue et d’emprisonnement de moins en moins conformes au droit et à la justice. Les rapports récemment publiés d’Amnesty, de la LDH ou de la Commission de déontologie de la sécurité confirment la tendance, même s’ils font l’objet d’une médiatisation infime et que la classe politique s’en saisit très peu. Même, à un autre niveau, le bilan 2009 de la CNIL – qui comportait des critiques sur les atteintes au droit dans la loi Création et Internet – a subi un retard de publication jusqu’au dernier vote de la loi Hadopi afin de limiter sa médiatisation. C’est dire la transparence dans laquelle ces rapports sont publiés et accueillis par la classe politique. Sans doute les rapports sur la sécurité seront-ils eux aussi lettre morte au niveau politique, car les violences policières et les interpellations dites régulières sont, vis-à-vis des subversifs, la preuve renouvelée d’une stratégie de violence morale et d’une urgence de soumission générale de la société.

     

    Ici, en temps de paix, les caméras, interpellations, fichiers, enregistrements divers valent pour le quadrillage des villes et les barrages filtrants dans la casbah d’Alger en pleine guerre d’Algérie. En temps de paix aussi, cette arme psychique qui consiste à faire grandir les peurs, sur fond de crise économique, s’avère être l’arme idéale pour faire admettre une politique d’inégalités contraire aux intérêts de la majorité.

     

    L’ère de la manipulation

     

    Voilà au final à quoi pourrait servir la multiplication des groupes stigmatisés et l’amplification du volume des attaques contre toutes sortes d’opposants :


    1) faire agir la séparation spontanée entre « ceux qui n’ont rien à se reprocher » et les personnages « dangereux pour la société » ;
    2) faire entrer en vigueur tous les dispositifs les plus impensés auparavant afin de préparer le contrôle de tous les espaces sociaux, voire privés ;
    3) Maintenir un ordre de domination dont les intérêts sont classiques : la domination sans contre-pouvoir, avec de nouveaux instruments de l’ordre, y compris les techniques d’intimidation psychologique.

     

    L’on peut considérer aujourd’hui que l’Etat et la classe dominante organisent la domination d’une manière technique, en abusant de leur statut officiel d’Etat et de dirigeants ou de professions influentes, par la dénonciation officielle d’ennemis de l’ordre intérieurs dont il s’agit d’éloigner le reste de la population. Il faut organiser la suspicion à l’égard des fauteurs de troubles afin qu’elle soit plus forte que la suspicion que peuvent engendrer le maillage des lieux d’existence par l’industrie sécuritaire ou le marketing, la destruction systématique des oppositions émergentes et les politiques d’inégalités. C’est en effet le seul biais qui s’offre à eux pour maintenir un simulacre d’adhésion. Et cela marche sur tous les esprits bien-pensants.

     

    Et si cela s’avérait ne pas être une technique de contresubversion – mais une logique autogénérée par le système de gouvernementalité actuel, fondé sur des calculs de risques, et qui, selon une logique foucaldienne, génère de façon systématique des instruments d’analyse et de contrôle de ces risques pour installer ses parefeux là où sont décelés des risques d’insécurité –, les conséquences psychologiques sont identiques : le témoin des coups de sang des ministres et des stigmatisations à l’emporte-pièce interprète que, s’il est un bon citoyen, il ne doit pas s’acoquiner ou collaborer avec les « rebelles ».

     

    Inquiéter, terroriser ou empêcher les plus dociles de rejoindre le camp « rebelle » : cela marche sur tous les esprits bien-pensants à l’heure ou il semble que la pire des obcénités soit devenue l’exigence de liberté.

     

    Louise A. Renard
    Publié sur hns-info

    Ars Industrialis 

     

     

    [1] On pourrait ajouter d’autres axes, ils se multiplient tous les jours et convergent, sans réelles raisons, à former un ennemi global : ainsi, de l’anti-hadopiste (cf. le salarié de TF1 licencié) à l’anti-ogm, dont les premiers sont « criminels » vis-à-vis de l’industrie de la création, et dont les seconds pourraient un jour se voir accusés d’empêcher certains industriels de « nourrir l’humanité », vu la tendance de la propagande pro-ogm à affirmer être une solution contre la faim dans le monde… Les axes seront sans doute innombrables dans quelque temps, ce qui, dans l’hypothèse de forger une ennemi global, peut avoir pour effet de faciliter la doctrine de la contresubversion, car les interpellations seront d’autant plus faciles que le chef d’accusation sera imaginaire.

     

    [2] Emblématique de ce qu’est devenu le débat parlementaire : la campagne anti-hadopiste a montré à quel point l’Assemblée était vidée de sa fonction démocratique. Des députés de la majorité ont fait savoir en effet, entre les deux passages à l’Assemblée, tout leur mépris du processus démocratique (la loi passera, martèle l’un d’eux), avouant par là que les votes se réduisent toujours plus à une procédure formelle et que le travail parlementaire ne protège plus des effets d’une politique de domination.

     

    [3] Cf. « L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine », de Mathieu Rigouste. Consultable sur le site de l’éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr.

     

    [4] La caisse de résonance médiatique partage une large responsabilité dans la diffusion de l’intimidation. L’effet psychologique joue d’autant mieux que la saturation d’informations empêche d’élaborer les faits et maintient l’opinion dans l’incapacité de s’interroger réellement sur ce qui s’est passé. La succession des messages semble court-circuiter les processus de réflexion. La diffusion de messages traumatisants oblige de plus chacun à brider sa sensibilité et à endommager la capacité de critique et d’engagement


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  • Étrange comme c’est étrange

    Et pourtant....

    Président renversé et exilé par l’armée, (mieux que les mollahs , l’armée???) Syndicalistes et représentants de la gauche, arrêtés, congrès approuvant la suspension "provisoire" de plusieurs libertés constitutionnelles, ambassadeurs étrangers molestés,etc

    et pourtant... Pas de "révolution Twitter" au Honduras.

    Pas de mobilisation internationale comparable à celle qui a saisi le monde pour soi disant "appuyer la révolution de masse" qui, disaient nos journaux, se jouait en Iran, à base de millions et de millions de personnes, de travailleurs et d’usines en grève (sic) dans les rues tous les jours,et renverser (soi disant) le régime des mollahs...(en réalité le maintenir, le renforcer en lui passant un coup de peinture - verte- et soutenir Moussavi/Rafsandjani, et c’est pour ça que le mouvementt de contestation réel - mais minoritaire- initié les deux ou trois premiers jours ça n’a pas fonctionné) - mais attention quand on dit ça c’est à dire quand on est juste réaliste et respectueux d’une forme de souveraineté on est un ignoble islam fasciste anti-laïque... -

    ....enfin, donc, RIEN DE TEL à cette ferveur qui a fait vivre le monde à l’heure de Téhéran pendant plusieurs jours...

    .. pourtant l’heure de Tegucigalpa est "mui calente" et au moins AUSSI CHAUDE que celle de Téhéran--- sinon plus.... Et justement...

    ALORS???

    Où sont les chaînes humaines, les petits bracelets verts , les Twitters et autres Facebook et MSN, les panneaux en trois langues brandies à la face de médias pourtant soi disant censurés proclamant

    " WHERE IS MY VOTE? où est mon vote? ¿dónde está mi voto? "

    Pourquoi le Honduras n’a pas le même "traitement" que l’Iran?

    On se pose toujours la même question au fond....

    Comme avec la Palestine.... A gaza ils ont crevé par milliers cet hiver mais rien n’a bougé la mobilisation internationale était ridiculement atone, les médias atrocement de parti pris...

    La Louve


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  • Le sujet préféré de nos politiques, et donc des Médias aux ordres : La burqa ! Faux débat !
    D'abord, la burqa, c'est un voile grillagé, et en fait, en France, il s'agit du voile intégral !

    Et puis, pourquoi ce sujet ? Mais voyons, parce que l'Occident a un  dada, le choc de civilisations !

    Pour plaire aux marchands d'armes,
    pour trouver un prétexte pour les guerres impériales de pillage des ressources de l'Orient !

    Et donc, on place au centre de notre attention,
    entre deux crashs d'avion, la burqua, ou l'Islam, ou l'Iranien qui ose avoir comme nous ses centrales nucléaires, quelle audace ! 

    Ou encore le Hamas qui envoie quelques bombinettes tuer un Israélien tous les six mois, pour répondre aux bombes prohibées qui tuent des milliers de Palestiniens, les blessent, les handicapent, les conduisent à mettre au monde des enfants malformés, et ruinent toutes leurs infrastructures et tous leurs moyens de subsistance !

    Nos Médias chéris invitent les Musulmans intransigeants, (ils arrivent à en trouver, en cherchant bien), ou bien des Musulmans libéraux qui dénoncent les leurs... ou plutôt l'obscurantisme d'une poignée d'adeptes de l'islam, de ceux qui sont sectaires, en oubliant de dire qu'ils sont très minoritaires en France.

    Bref on braque les projecteurs sur les dérives de l'Islam, pas sur les croyants paisibles,  parfaitement intégrés, et surtout, on parle des "exhibitionnistes" de cette religion, voilées de la tête aux pieds.
    On met en avant un modèle dans lequel, justement, les Musulmans ne se reconnaissent pas eux-mêmes !

    Et voilà comment le vrai débat:
    "La burqa est-elle compatible avec l'islam ?" (bien sûr que non !),
    devient : "L'Islam est-il compatible avec la France" ?

    Jeunes gens, BHL est là pour fustiger les Musulmans,
    et Marie Drucker  pour faire la promotion des guerres !

    Ne voyez-vous pas qu'on vous prépare
    pour les croisades "modernes"
    Faux débats !

    Ne tombons pas dans le piège
    de nos médias sionistes qui mettent sur le même plan
    les atrocités intolérables de Tsahal
    avec des armes de destruction massive employées sur
    des civils ne pouvant fuir,  et la résistance empirique des colonisés Palestiniens affamés, apeurés,privés de tout, sur... des colons  disposant d'abris   !


    Assez du choc de civilisations,
    assez du prétendu péril islamiste ou du pseudo terrorisme des pauvres (pour faire oublier celui des Etats occidentaux),

    L'Empire a toujous besoin d'ennemis pour prospérer,
    quitte à s'en fabriquer, ça suffit l'imposture !

    Les peuples veulent vivre en paix,
    il n'y a que les Décideurs, et leurs laquais dans les médias ou au Parlement, qui rêvent de choc de civilisations !

    Ne tombons pas dans le piège
    de la burqa, du terrorisme, du choc de civilisations !

    Démasquons nos vrais ennemis,

    les ennemis de la paix,

    les ennemis de nos emplois,

    les ennemis de nos libertés,

    les ennemis de nos vies !

    Basta la désinformation !





    Eva 


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